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1
Underground 1995,  Unrated)
Underground
Seen 2 times.

Il était une fois un pays... Et sa capitale était Belgrade, le 6 avril 1941...

Ce pays, c'est la Serbie, c'est l'ex-Yougoslavie. Ce pays, appelez-le comme vous le voudrez. Son nom a très peu d'importance, c'est son passé qui en a. Cette phrase, c'est la phrase d'entrée d'Emir Kusturica dans Underground, c'est la phrase qui précède l'entrée de deux dizaines de musiciens armés de cuivres et de trompettes, dévalant la rue à un rythme effréné, célébrant la révolution sous les liasses d'argent qui tombe du ciel. Cette phrase, c'est le début d'une des plus grandes oeuvres cinématographiques de tous les temps.

Le film est, d'abord et avant tout, divisé en trois parties de durées approximativement égales. Dans la première, La Guerre, on retrouve d'abord et avant tout Blacky, un escroc électricien, Marko, secrétaire du parti communiste de Yougoslavie et Ivan, adolescent et gardien du zoo de Belgrade, accompagné de son meilleur ami, le chimpanzé Soni.

Tout commence alors que le spectateur suit les traces d'Ivan, affairé à nourrir les tigres de son zoo... Et les bombes fusent, et le zoo est détruit, et Belgrade est meurtri. Les animaux s'enfuient, les Nazis bombardent la capitale; Belgrade devient un zoo humain. Marko, profiteur comme il est, convainc donc une vingtaine de personnes de venir se mettre à l'abri dans la cave de son grand-père, un vrai bunker sous terrain. La population se reproduit, un village version miniature prend vie. Ils y fabriquent des armes pour la révolution de la Yougoslavie, tandis que Marko se sacrifie en haut et organise un réel trafic d'armes.

Entre-temps, les Alliés l'emportent sur l'Allemagne, et la 2ème Guerre Mondiale prend fin, comme l'histoire nous l'a appris. Seulement, Marko ne le dira pas à ses amis dans la cave... Et continuera plutôt de les exploiter pendant 20 ans encore, entretenant l'illusion de la terrible guerre qui gronde au-dessus d'eux, utilisant leurs armes pour créer un véritable trafic d'arme qui le fera devenir riche. Ils y resteront enfermés jusqu'en 1992, alors que la Guerre Froide sera à son apogée. Et tous auront à assister à la mort et à la déchéance de leur pays, et personne n'échappera au plongeon du délire, à l'apothéose de la débauche.

Par Underground (1995), Kusturica nous offre un autre épisode de la vie de la Yougoslavie, un chef-d'oeuvre douloureux pour l'âme, usant à merveille de la poésie visuelle, comme il s'en servira d'ailleurs plus tard dans Black cat, white cat (1998) et La vie est un miracle (2004). On songera d'ailleurs à la présence d'une colombe sur un tank de guerre, parfaite illustration de l'oeuvre.

Kusturica allie brillamment réalité et fiction, et c'est là que le débat de la dualité déploie ses ailes et prend son envol. Des montages historiques réels et fictifs s'entrecoupent, ajoutant Marko dans de grands évènements historiques, ajoutent tout d'abord de la crédibilité à l'?uvre. Mais le plus fort est encore à venir, alors que le spectateur se retrouve confronté à une puissante mise en abîme, tandis que Marko devient un leader politique important et qu'un réalisateur veut tourner un film sur son histoire et sur celle de Blacky, ce héros national ''mort'' pour sa patrie il y a 20 ans.

Bien sûr, le film est un ''tantinet'' faussé, puisque le script se base sur le point de vue de l'hypocrite Marko. Un film dans un film. Pastiche du scénario d'Underground ou pastiche de Kusturica lui-même? On assiste également à une autre dualité tandis que la première moitié du film traite de la guerre, mais est incroyablement joyeuse, ponctuée de musique entraînante et de rires éclatants, alors que la deuxième partie, alors que la guerre est terminée, se veut incroyablement dramatique et douloureuse, alors que tous auront à vivre la désillusion de 20 années de mensonges.

Plusieurs thématiques sont constamment exploitées tout au long de la réalisation, mais celles qui retiennent le plus notre attention sont l'utilisation de la musique et l'utilisation du burlesque. La musique est effectivement omniprésente tandis qu'une troupe de musiciens suit nos deux héros principaux tout au long du film, musique qui donne clairement le ton à l'oeuvre. Mais le burlesque - ah! le burlesque - fascine réellement. La guerre y est parfois dédramatisée à un tel point (Marko se masturbant et ne pouvant éjaculer que lorsque Belgrade se fait bombarder) et, au contraire, la paix y est parfois si atrocement décrite (un des derniers plans montre Jésus sur la croix, tête en bas, prouvant que même Dieu a abandonné la Yougoslavie) que Kusturica nous tient suspendu par l'iris pendant presque trois heures, notamment avec des dialogues épicés et réfléchis, et deux acteurs principaux qui sont franchement à couper le souffle.

Et dire qu'il existe une version allongée de plus de cinq heures de ce film...

Dieu que c'est douloureux pour l'âme.
2
Eyes Wide Shut 1999,  R)
Eyes Wide Shut
Au bout d'un moment, on commence à se poser certaines questions. Où veut donc en venir Stanley Kubrick avec ce scénario pervers, ces images nullement impressionnantes et ce style qui ne lui ressemble pas? Pourtant, les attentes sont grandes, et les critiques sont acerbes. Serait-ce donc cette dernière réalisation, dotée du record Guinness du plus long tournage jamais réalisé, qui aurait achevé le cinéaste?

Mais, au fur et à mesure que les doutes augmentent, ils se dissipent tout autant. Car les personnages frôlent le summum de la perversité, sans jamais même y plonger, à un point tel que le spectateur se doit de remettre en question sa définition même de la moralité de l'individu. Jusqu'où peut-on aller sans s'aventurer jusqu'au point de non-retour? Trompe-t-on au moment où l'on pénètre, où l'on touche ou où l'on pense? Que de questions auxquelles Kubrick lui-même ne répond pas, et ne répondra d'ailleurs jamais.

Ce qui est clair, c'est qu'au lieu d'y voir supposément des références à l'ensemble de sa carrière, j'y vois, réellement, un scénario si pervers et si absurde qu'il s'approprie nettement des caractéristiques de l'oeuvre de Franz Kafka. Si la sensualité n'avait pas été autant prononcée, j'aurais pu mettre ma main au feu que Kafka lui-même aurait pu écrire un tel scénario.

Et qui dit Kafka, dit adoration. On n'y échappe pas.
3
Wings of Desire 1987,  PG-13)
Wings of Desire
Il n'y a plus simple. C'est un film pour ceux qui aiment la vie.

Dans l'histoire du monde, y a-t-il déjà eu ode à la vie, à la pacification, à l'amour aussi forte que celle des ailes du désir? Permettez-moi d'en douter. Je m'incline devant la magnificence de cette vie, devant la lueur d'espoir qui réside au fond de chaque tunnel de chaque individu, devant ce frisson qui m'émeut et qui continuera de m'émouvoir à chaque fois qu'un soupçon de café se pose sur mes lèvres par l'entremise de celles de ma belle. Car c'est ce que nous dit Wim Wenders. Du moins, c'est ce qu'il me dit. À moi.

Un scénario qui s'inscrit dans la lignée des La vie est belle et des Cinema Paradiso, là où la vie doit être prise avec un grain de sel, là où l'inhumanité du monde est vite remplacée par une étincelle d'optimisme. Toutefois, nous sommes forcés d'avouer que la quintessence des ailes du désir en est une différente, atrocement subtile, dans la mesure où la lenteur du désir de vivre se transmet peu à peu au spectateur même.

Lorsque l'enfant était enfant, il avait une idée précise du paradis. Maintenant, il ne peut que le deviner.

Ce film n'en est pas un.

Ce film, c'est la vie, c'est ce qui me pousse à croire que tout n'est pas encore perdu.
4
Die Blechtrommel (The Tin Drum) 1979,  R)
5
A Clockwork Orange 1971,  R)
A Clockwork Orange
Seen 4 times.

Tout d'abord, un personnage: Alex de Large.

Un homme à deux faces, comme nous l'indique le tout premier plan du film. Accompagné de ses trois drougs, Pete, Dim et Georgie, Alex carbure à l'ultra-violence, il suinte la cruauté et en retire sa jouissance. Sans aucun respect pour la moralité, Alex brave l'autorité sans vergogne et devient une déception pour tout son entourage, sauf pour lui-même. D'un autre côté, c'est pourtant un jeune homme poli, intelligent, civilisé et tout de même assez joli, sans compter qu'il se pame constamment en admiration devant la splendeur de Beethoven. Même s'il correspond au profil-type du représentant idéal de sa génération, c'est-à-dire un adolescent s'échappant au contrôle de la société et se soustrayant à l'autorité parentale, Alex est probablement né dans le mauvais siècle: c'est gladiateur qu'il aurait dû devenir, jouissant du meurtre de ses rivaux.

Par la suite, une société en perdition: Dublin.

Véritable décharge humaine d'Islande, cette ville est mise à feu et à sang par les gangs de rues dans un univers corrompu par la violence et l'apocalypse. C'est un monde crasseux qui s'empeste lui-même dans l'apogée de son pathétisme. L'ordre est inexistant, au même titre que l'équilibre et la raison. Dans un monde où la guerre est une mélodie et la haine un violon, dans un monde où la décence n'existe plus et où la culture est désacralisée, c'est la loi de jungle. Un véritable zoo humain, là où l'on attend que le crépuscule tombe pour aller divinement assassiner une jolie petite proie. « Bah quoi, faut s'amuser dans la vie. »

Alors, si on place le personnage ET la société ensemble, ça ne fait pas bon ménage.

Ou peut-être au contraire, justement, cela fait un peu trop bon ménage.

Car dans une telle société, il est évident que seul l'égoïsme importe, que seul le plaisir individuel prime. La considération pour autrui est donc abolie et même que, au contraire, la souffrance d'un pair est souvent nécessaire à cette jouissance personnelle. Et comme la majorité de la collectivité (du moins, de celle que nous présente Kubrick à l'écran) pense de la même manière, c'est donc dire que de telles théories deviennent rapidement moralement acceptables. Pour Alex, l'argent n'est même pas une source de motivation: seule la torture pure et simple en est une. Un tempérament épicuriste poussé à l'extrême, éviter le surplus et prendre uniquement de ce qu'on a besoin. En considérant, bien sûr, que ce qu'Alex a besoin est complètement inhumain. Entre autre, le viol est l'un des crimes de prédilection d'Alex, car il lui permet de multiplier les souffrances autour de lui et, par le fait même, de décupler son plaisir. La destruction est un art et celui qui détruit doit jouir, en retirer un plaisir absolu. D'ailleurs, selon Alex, le « tragique » de cette histoire ne débute que lorsqu'on l'emprisonne, c'est-à-dire lorsqu'on le prive de la possibilité de jouir de ses plaisirs personnels.

Seulement... Est-il possible de penser qu'une telle société ne soit pas si éloignée de la nôtre? Serait-ce plausible que ce Dublin des années 1970 possèdent plusieurs similarités avec l'Amérique du Nord des années 2000? À bien y repenser, la majorité des critères peuvent aisément s'appliquer à l'idéologie moderne.

Comme remarqué dans le film, les idéologies divergent au point de vue de l'attribution du pouvoir. Alex est convaincu que ses drougs ne pourraient fonctionner adéquatement sans le concours de sa propre autorité. Quant à eux, les drougs estiment que le règne d'Alex a assez duré et ils fomentent, en quelque sorte, une révolte selon laquelle chacun aura son mot à dire dans le futur. Le règne de la dictature versus celui de la démocratie. À ce moment-là, Alex n'hésite pas à diviser par la violence pour mieux régner, il s'empresse de faire comprendre aux autres qu'il est bel et bien le seul qui est apte à penser et à diriger.

Même le sexe est déshumanisé dans cette société: tout est en avance rapide, la magie est inexistante, l'intérêt est dilué... La religion est devenu un exutoire simulé, une forme d'hypocrisie à adopter si l'on veut entrer dans les bonnes grâces des instances militaires et politiques. Les médias sont devenus l'absolue vérité, ce qui est écrit apparaît automatiquement vrai pour celui qui le lit. Par exemple, les parents d'Alex ne parviennent à le pardonner qu'à la toute fin, tandis qu'ils ont enfin pu lire dans le journal que leur fils avait subi beaucoup d'injustices. Bref, une société en perte de repères. Ça vous dit quelque chose?

Le gouvernement n'hésite d'ailleurs pas à y aller de mesures extrêmes, lui aussi pour parvenir à ses fins: le comble de l'individualisation de la collectivité. En effet, dans le but d'éradiquer la violence (un projet fastueux), les dirigeants n'hésitent pas à vouloir purifier la société d'un seul trait. Plutôt que de procéder à l'aide de la psychologie passive, on emploie immédiatement la manière forte: le lavage de cerveau. L'homme, Alex en question, devient alors une bête de cirque, il s'emploie involontairement à la masturbation du gouvernement rien que dans le but de vouloir sortir au plus vite de prison; il cesse d'avoir le choix moral et il renonce à sa volonté. L'État n'éprouve donc aucun remords à éradiquer l'éthique afin de maximiser ses revenus et de redorer le blason de son image. Où sont alors définies les frontières entre le bien et le mal lorsque même le régime qui nous gouverne prône des valeurs corrompues?

À ce moment-là, est-il possible pour Alex de regénérer son libre arbitre? Peut-on donner un second souffle à la moralité? Pourtant, le spectateur assiste à un retour d'ascenceur cruel tandis que Alex, dorénavant « guéri », se fait « maltraiter » par ses parents, ses amis et ses anciennes victimes. N'ayant causé que de la haine toute sa vie autour de lui, le hasard le ramène sur le sentier de la souffrance causée à autrui. C'est donc dire que Alex, lorsqu'il était immoral et n'en faisait qu'à sa tête, jouissait d'une société qui le craignait et, par conséquent, qui le respectait. Maintenant devenu davantage « moral », la société est injuste envers lui et n'hésite pas à le faire souffrir par n'importe quel moyen. Il faudra attendre que Alex redevienne immoral, à la toute fin, pour que le bonheur personnel revienne et que tout s'arrange au bout du comtpe. Vaut-il donc mieux être égoïste dans ce cas-là?

Clockwork Orange, il n'y a pas à dire, est un film révolutionnaire. En 1971, certains y auront certainement perçus une invitation à la débauche, au même titre que d'autres téléspectateurs se retrouvèrent probablement effrayés par l'image d'un monstre adultant les symphonies célestes de Beethoven.

Effrayés que quelqu'un ose enfin mettre sur écran une société qui n'éprouve aucun remords à se terrer dans l'hypocrisie, une société qui ne se gêne pas pour illustrer l'absurde de l'humanité, une société qui se morfond dans une agonie intolérable et incontrôlable...

Pourtant, Kubrick se sera tout simplement contenté de tirer les ficelles d'un énorme miroir.

Celui de notre société.
6
Black Cat, White Cat ,  R)
Black Cat, White Cat
Si Zivot je cudo (La vie est un miracle) m'avait atrocement déçu, d'autant plus que certains le considéraient comme étant le chef-d'oeuvre par excellence de Kusturica, Black cat, White cat est, pour sa part, un réel succès. S'apparentant presque à mon amour pour Underground, l'enivrement que j'ai ressenti tout au long du film m'a totalement charmé, et je ne peux que rêver lorsque je repense à toutes ces musiques envoûtantes, à ces métaphores visuelles éclatantes qui ne laissent jamais de répit au public, à ces personnages qui nous font tant rire et sourire! Car oui, Black cat, White cat est d'abord et avant tout une comédie, contrairement à l'aspect un tantinet dramatique de Underground, et il est évident que le cinéma serbe prend encore davantage d'ampleur dans mes goûts personnels. Il n'y a plus de doute: Kusturica est un Dieu.
7
372 le Matin (Betty Blue) (37.2 Degrees in the Morning) 1986,  Unrated)
372 le Matin (Betty Blue) (37.2 Degrees in the Morning)
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Au début, ça nous prend un peu au dépourvu, tout ce réalisme poignant, cette jolie extravagance qui nous surprend un peu les culottes baissées. Seulement, Betty est tout un phénomène, et bien plus qu'on ne l'imagine. D'autant plus que Zorg s'éprend facilement d'elle, avant d'assister, en même temps que le spectateur, à la plus triste des métamorphoses du monde: celle de la folie. La progression est lente, mais remarquable. On la sent qui gagne toujours un peu de terrain, on la sent qui s'étale sur trois heures de réalisation, on la voit ricaner seule dans son coin. Et on croit que Betty la vaincra.

Mais on a tort.

Flot de frissons.
8
Casablanca 1942,  PG)
Casablanca
Seen 2 times.

Comme vous pouvez le constater, je suis, à regrets, entièrement en désaccord avec mon cher ami Mate lorsque vient le temps d'accorder une note à Casablanca. Naturellement, je ne m'attendais pas à grand chose d'un tel film, et je me doutais qu'il ne m'accrocherait que très peu, voire pas du tout. Or, me voilà tout ébloui, suspendu par le bout des lèvres par cette histoire à la fine pointe de la complexité humaine, traquée par un scénario inimaginablement bien ficelé dont personne ne serait en droit de contester. L'histoire paraît si simple, mais est si complexe, si songée, si réfléchie. Je m'étonne que cette manière de penser se soit dissipée au fil des siècles puisque l'art de réfléchir en 1950 me semblait divin. Mêlé aux facéties de la 2ème guerre Mondiale, Casablanca est un des plus grands films qu'il m'ait été donné la chance de voir, et je prends bien conscience que jamais un tel chef-d'oeuvre n'aurait pu être possible s'il n'avait été aussi bien soutenu par des acteurs incroyables comme Bogart et Bergman. Je ne pourrais que me lever et applaudir devant la grandeur de Casablanca.

Petit fait cocasse, à la toute dernière scène du film, j'ai catché qu'on parlait beaucoup de ce film-là dans Black cat, white cat, que je venais tout juste de regarder la veille, et j'ai beaucoup ri.
9
Seul Contre Tous (I Stand Alone) (One Against All) 1998,  Unrated)
Seul Contre Tous (I Stand Alone) (One Against All)
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Impossible de comprendre comment, à la première écoute, je n'ai pu me laisser enivrer par la réalisation délirante de Gaspar Noé qui signe un essai sur l'allégorie de la Morale appliquée à une France discordante.

Boucher, tes réflexions m'ensorcèlent, j'y plonge, et il me semble te comprendre. Certes, je ne partage point ta vision, mais que tu oses si ouvertement ouvrir ton âme devant nous, simples spectateurs de ta misère, ça m'émeut à un point tel que des millions de frissons me parcourent l'échine chaque fois que ta langue devient vulgarité assassine.
10
The Fountain 2006,  PG-13)
The Fountain
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Je... Je... Je reste sans mots. Je n'ai jamais, au grand jamais, visionné un film qui m'a fait frissonné du tout début jusqu'à la toute fin. Une boule dans la gorge, je me laissais enivrer par l'amour d'un homme, un amour si fort qu'il n'en finissait plus de défier les limites spacio-temporelles. Hugh Jackman me charmait et m'entre-déchirait le coeur par son espoir de jouvence, par cette quête impossible qui n'allait pouvoir se terminer que par de terribles douleurs. Et que dire de la musique, oh mon Dieu, jamais ne m'aura-t-on fait écouter un support musical aussi palpable, aussi recherché que celui de The Fountain. Je regrette sincèrement de ne pas l'avoir écouté en salle et de n'avoir pas eu un système de son à la hauteur de The Fountain. Rien que revisionner le film, j'ai incroyablement envie d'en acheter un. D'autant plus que (désolé Mate) mais c'est définitivement la meilleure réalisation photographique qu'il m'ait été possible de voir. La différence avec Garden State, c'est toutefois que Zach Braff a fait des miracles avec rien, qu'il a créé des images époustouflantes, et ce sans budget incroyable, tandis que The Foutain est appuyé par l'informatique, ce qui n'empêche toutefois pas que le film est un régal pour l'iris, qui se laisse subjuguer par ces millions de contrastes qui le pénètrent tous à la fois, espérant revivre cette sensation éternellement et éternellement, sans jamais que la mort ne s'ensuive.
11
Ladri di Biciclette (The Bicycle Thief) (Bicycle Thieves) 1948,  Unrated)
Ladri di Biciclette (The Bicycle Thief) (Bicycle Thieves)
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Malgré mon intérêt marqué pour le chef-d'oeuvre de Vittorio De Sica, dois-je avouer que je ne me faisais pas d'illusions? Que le néoralisme italien ne m'intéressait guerre et que son inaction allait probablement me laisser haletant sur un appétit vorace. Or, si De Sica exige que je me mette à genoux devant lui, je le ferai, car rare sont ces films qui ont su me charmer par leur inaction et me déchirer le coeur par leur saturation d'émotion.

Tandis que Cary Grant avait ''appliqué'' pour le rôle, c'est finalement Lamberto Maggiorani qui a hérité du rôle d'Antonio Ricci, et ce dernier ne s'en porte mieux puisque Grant ne correspond absolument pas à l'archétype du personnage. En fait, le néoralisme nous transporte dans une Italie vaincue, où De Sica nous expose à l'injustice de la réalité paysanne et aux tracas quotidiens du peuple, sans toutefois malmener le spectateur à son tour en le manipulant constamment par l'apport de certains indices trompeurs. J'oserais même m'aventurer dans une comparaison avec certains romans d'Émile Zola, avide de translater fidèlement les moindres faits et gestes de la classe ouvrière.

Et, comme l'envers de la pochette le mentionne si bien, n'oublions jamais que The Bicycle Thief est la course à la dignité que tout homme entreprend tout au long de sa vie.
12
Pi 1998,  R)
Pi
Incroyable, la toute première réalisation d'Aronofsky ne fait pas exception à sa règle d'or: l'excellence. Par un score parfait, trois en trois, Aronofsky se hisse dans la liste de mes réalisateurs préférés, faute de toujours s'assurer de la perfection absolue de ce dont il accouche, quand bien même c'en serait trois films absolument différent. L'univers byzantin de la drogue, la quête éternelle de la fontaine de jouvence, et maintenant la restructuration d'un univers à travers les mathématiques.

Trop peu de mots pour décrire Pi, trop peu de termes pour caractériser Maximillian Cohen, l'homme convaincu que derrière chaque homme se cache une série de chiffres. Mais l'enjeu dépasse rapidement Cohen, et Aronofsky nous confronte à une science, prise de travers entre religion, gouvernement et lutte de pouvoir symbolique. Impuissant devant cette ambiance paranoïaque, je me laisse happer par le pouvoir ensorcelant des nombres, réponse absolue de l'univers. Du moins, disait-il.
13
Mean Streets 1973,  R)
Mean Streets
À mon humble avis, l'un des meilleurs films de Scorsese, un de ceux qui est parvenu à m'accrocher et à m'intéresser à l'histoire de la Mafia dans la Petite Italie de New York. D'ailleurs, à ce qu'il paraît, le récit serait d'ailleurs inspiré d'une certaine part d'autobiographie (pour ma part, je la qualifierais probablement davantage d'auto-fiction) de Martin Scorsese lui-même, et son propre engagement dans son oeuvre s'y ressent de temps à autre dans certaines scènes vraiment douloureuses.
14
Shadows 1959,  PG)
15
Raging Bull 1980,  R)
Raging Bull
Beaucoup critiquent Raging Bull en lui reprochant de n'être qu'un défoulement émotionnel de la part de Scorsese, un espèce de pot-au-feu dans lequel il saupoudra jadis quelques pincées de violence gratuite qui n'aboutirent qu'à rendre le monde moins bon. Vince fait d'ailleurs partie de ceux-là. Moi, je n'y crois pas. Certes, il faut garder l'esprit ouvert face aux oeuvres provocantes (bien que j'ai déjà assisté à bien plus provocant que ça en tant que spectateur), mais il faut néanmoins savoir prendre du recul pour l'analyser justement. Ce film est, d'abord et avant tout, la manifestation de la jalousie d'abord et avant tout, une critique individuelle et sociale sur les moeurs amoureuses du genre humain. Raging bull se distingue par un incroyable contraste de femmes qui sont reléguées au second plan par les hommes et qui sont victimes de violence conjuguale, mais qui sont également au centre de toute l'attention du film. Vous vous attendiez à un film de boxe? Ce n'est pas le cas. La boxe, c'est l'exutoire. La boxe, c'est la seule façon de respirer. La boxe, c'est l'occasion d'oublier que les femmes ont toujours gouvernés et gouverneront toujours l'univers des hommes.
16
The Dark Knight 2008,  PG-13)
The Dark Knight
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À ceux qui clâment qu'il s'agit là du meilleur film de l'histoire du cinéma, je réponds qu'il est facile de penser ainsi lorsqu'on n'a vu rien que des block-buster toute sa vie.

The Dark Knight est possiblement le meilleur des Batman, possiblement le meilleur film de superhéros, possiblement la meilleure performance de Heath Ledger. Mais en aucun cas il ne sera le meilleur film de l'histoire du cinéma.

Ce dernier Batman possède l'une des caractéristiques les plus avantageuses du marketing cinématographique: il est à la fois un blockbuster à budget galactique assouvissant les pulsions violentes et tape-à-l'oeil du grand marché nord-américain, ainsi qu'un excellent film dirigé par une main de maître en Christopher Nolan qui sait contenter les connaisseurs par des plans stupéfiants et un scénario ficelé dans les règles de l'art. Même s'il dure environ 2 heures 30 minutes, rares sont d'ailleurs les scènes qui s'étirent dans des longueurs superficielles ou des dialogues hypocrites qui tentent de couvrir le manque de contenu de l'histoire.

Les frères Nolan ont redéfinis l'univers Bruce Wayne en cessant de ne s'intéresser qu'aux gadgets et à la superficialité du personnage pour finalement le complexer davantage et offrir une vision plus téméraire de l'homme derrière le masque. En mon sens, Christian Bale ne parvient curieusement toutefois pas à rendre honneur à cette métamorphose, lui qui m'avait toujours épaté dans chacun de ses films. Dans The Dark Knight, le jeu d'acteur de Bale n'est réellement pas sollicité, et toute son authenticité finit progressivement par se miner au fur et à mesure qu'il semble adopter l'attitude classique des acteurs hollywoodiens, soit celle d'un je-m'en-foutisme au-dessus du tout qu'on tente de s'expliquer par le personnage mais qui, au bout du compte, n'est qu'une brèche facile pour éviter de se surpasser.

Et, croyez-le ou non, j'ai longtemps rêvé au moment où je sortirais de la salle de cinéma en m'exclamant: ''Heath Ledger n'est pas si extraordinaire qu'on le dit, c'est seulement sa mort qui forge sa notoriété!'' et c'est avec honte que je me suis relevé de mon siège... Quoi qu'en diront les (rares) détracteurs de The Dark Knight, il est à mon avis que la (sur)performance de Heath Ledger crève les yeux, et que bien que sa mort ait multiplié sa renommée, son jeu d'acteur doit être considéré objectivement, pour ce qu'il est véritablement, c'est-à-dire une leçon théâtrale dont il faut prendre grande note. Accompagné d'un leitmotiv hallucinant, Ledger est inévitablement le point de mire de ce long-métrage, et toutes les scènes auxquelles il participe sont littéralement ridiculisantes pour la grande majorité des acteurs contemporains qui ont véritablement oubliés la vraie nature du métier d'acteur; soit celle de se surpasser constamment et de redéfinir le jeu théâtral plutôt que de se conformer à une doctrine où l'on s'appuie sur les effets spéciaux pour pallier la médiocrité du jeu.
17
The Prestige 2006,  PG-13)
The Prestige
Un film que l'on a envie de revoir encore et encore, tellement Nolan nous en met plein la vue avec un scénario digne des plus grands. On nous tient constamment en haleine dans une réalisation qui aura le tour de plaire à tous et chacun, convenant autant aux cinéphiles qu'au grand public, ce qui augmentera considérablement la réputation de notre cher Christopher. Mais, ce qu'il y a de plus épatant par-dessus tout, c'est l'incroyable fin, qui n'en fait que rajouter à tout le film.
18
Sympathy for Mr. Vengeance (Boksuneun naui geot) 2002,  R)
Sympathy for Mr. Vengeance (Boksuneun naui geot)
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Encore mieux que dans mes souvenirs. Park est sincèrement l'un des plus grands maîtres du 21e siècle de la caméra, ça ne fait aucun doute sur ce point. Il est, avec Ki-Duk Kim l'un des piliers de la cinématographie coréenne et c'est en partie grâce à eux si la Corée est en train de regarnir son blason cinématographique, internationalement parlant.

Dans ce premier opus, Park nous emmène dans un beau survol du concept de la vengeance. Je me venge. Tu te venges. Nous nous vengeons. Tout le monde meurt. Mais pourtant, c'est tellement puissant que cela, ce sont les images qui parlent, qui nous murmurent dans le creux de l'oreille les vices de l'humanité. Ryu, sourd et muet, s'élance donc dans un engrenage mortel là où la rédemption et où l'espoir de la survie n'ont plus aucune raison d'être.

Une introduction de taille pour la meilleure trilogie ayant jamais existé.
19
The Piano Teacher (La Pianiste) 2001,  R)
20
The Graduate 1967,  PG)
The Graduate
Dustin Hoffman, Anne Bancroft, Charles Webb, Katharine Ross, Mrs. Robinson, Calder Willingham, Benjamin Braddock, Elaine Robinson, Buck Henry, Mike Nichols...

Tant de noms dont je ne peux ressortir indemne. Tant de génie couché sur pellicule, tant d'impossibles serrements de gorges qui consument mon angoisse et chahutent mon destin. The Graduate est un film impitoyable, en ce sens où il chamboule les moeurs et déforme des conventions intemporelles qui ne se limitent pas qu'aux années 60. Affranchissement de soi, atomisation des normes et aliénation des principes, tout est malaxé dans une plume d'argent où le silence parle lui-même de sa légère lourdeur. Ici et là, Simon & Garfunkel parsèment leur voix et dispersent des convulsions émotionnelles aux quatre coins de l'âme humaine, prêts à effriter le mur rigide qui sépare habituellement le spectateur de son téléviseur. Dans la peau de Benjamin Braddock, Dustin Hoffman est une arme redoutable, un baiser atomique qui nous sert une leçon nucléaire sur l'angoisse existentielle qui caractérise l'individu-foetus que nous sommes tous, du premier souffle au dernier battement.

La guerre est déclenchée, et ce sont Simon & Garfunkel qui s'improvisent les clairons de cette croisade. Car Benjamin Braddock n'est pas un personnage de fiction. Ce Benjamin, c'est vous, c'est moi, c'est cet être prisonnier d'une société et de ses prémisses de convenance, c'est celui qui croit s'être trouvé mais s'est perdu davantage, c'est le reflet de cette quête éternelle qui, au bout du compte, ne peut peut-être se solder que par un regard craintif au fin fond d'un autobus exilé.

The Graduate est plus qu'une histoire: c'est une émotion.
21
Hiroshima Mon Amour (Hiroshima, My Love) 1959,  Unrated)
Hiroshima Mon Amour (Hiroshima, My Love)
Hiroshima, c'est l'oubli, le souvenir, la mélancolie. Hiroshima, c'est la possibilité qu'ont tous deux Resnais et Duras de s'exprimer sur la sensibilité mémorielle de la douleur et de l'amour. Hiroshima, c'est une force poésive qui nous enivre par la langueur de ses mots, langueur qui finit peut-être toutefois par assommer l'auditoire ne serait-ce qu'après une demi-heure d'écoute. Hiroshima, c'est une femme qui vit dans le passé, mais qui compte sur l'aide de ses amants pour s'en extirper. Hiroshima, c'est beau, c'est puissant. Mais c'est long.
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The Decalogue 1988,  Unrated)
The Decalogue
Oui. C'est bizarre, je sais. C'est le genre d'oeuvre, où je trouve que chaque épisode n'est pas parfait, mais que le tout dans son ensemble frôle réellement la perfection. Alors, comme 4.99 n'existe pas, j'arrondis à 5. On reproche beaucoup au décalogue d'être trop mou, certains le croient même surestimé à ce niveau. Le problème avec ces auditeurs qui le prétendent, c'est qu'il n'ont pas pris le temps, comme j'ai pris le temps de le faire et comme des centaines d'autres l'ont sûrement faits, de modifier leur approche face à la réalisation polonaise. Personnellement, je m'attendais effectivement à une série poignante qui allait critiquer les valeurs chrétiennes et nous confronter à des immondités immorales dans lequel nous n'aurions d'autre choix que de remettre en question la religion.

Or, ça n'a pas réellement été le cas. En fait, Kie?lowski utilise plutôt les 10 commandements comme un point de départ logique pour une histoire sensationnelle de son crû. Je ne dis pas qu'il n'y en a aucune qui choque, loin de là (Tu ne tueras point ton prochain) mais presque toutes se terminent par un profond malaise, presque par une angoisse de vivre.

Après réflexion, je dois avouer que je me rends compte que ça m'a pris du temps rentrer dedans. Les premiers épisodes ne reflètent pas la même chose que la deuxième moitié ne le fait. J'ai presque envie de recommencer à les écouter, sincèrement, tellement les histoires des uns s'emboîtent avec les histoires des autres. En 10 épisodes, Kie?lowski a décrit la vie de 10 familles d'un même bloc appartement confrontées à la foi chrétienne.

Et mon Dieu que c'était magique.
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The Holy Mountain 1973,  R)
The Holy Mountain
The Alchemist: You are excrement. You can change yourself into gold.

Les premières minutes s'écoulaient, et j'étais déjà mort de rire. The Holy Mountain débutait pathétiquement dans une ambiance déglinguée là où les sous-entendus ne manquaient pas et où le ridicule était loin de tuer. Au début, on se laisse bercer par les images et par l'explosion de couleurs qui nous mènent à peu près n'importe où et qui portent, insidieusement, à croire que le film n'en est en soi qu'un surréaliste. Mais, au fil des symboles troublants (et c'est ce qui est effrayant), le spectateur s'aperçoit qu'il avait tort. The Holy Mountain n'est pas surréaliste. Imaginez-vous regarder un film depuis une demi-heure à la rigolade, convaincu que chacune des images n'est qu'une grotesque plaisanterie, pour finalement vous apercevoir que chaque élément a été mécaniquement placé sur votre route dans un but définitivement précis: celui de procéder à l'une des plus grandes critiques cinématographiques. Une critique de l'histoire de l'humanité.

Jodorowsky est acerbe, il effraie et fascine à la fois. Dès qu'on le prend au sérieux, il est déjà trop tard pour faire demi-tour, parce qu'il ne vous lâche plus. Sans aucun remords, sans aucun scrupules, Jodorowsky assène un beau gros crachat visqueux au catholicisme et à l'histoire religieuse de Jesus de Nazareth (proclamé Jesus-Christ après sa mort) en mettant en scène l'histoire d'un être humain - ressemblant très étrangement au Christ - et en rebâtissant en quelque sorte sa vie, mais d'une manière, ma foi, incroyablement corrosive. On m'avait déjà parlé de Scorsese qui avait agi d'une manière semblable avec The Last Temptation of Christ, tandis que ce cher Jesus tournait finalement le dos à ses obligations et reniait son destin pour aller se la couler douce avec la belle Marie-Madeleine. Mais la critique que déploie The Holy Mountain dépasse l'entendement.

Cette figure du Christ rencontre donc un mentor, l'Alchimiste, d'ailleurs interprété par nul autre que Alejandro Jodorowsky lui-même, rôle dans lequel il a bien failli mourir réellement. Ce mentor l'amène à rencontrer des individus qui, en fait, représentent individuellement une planète du système solaire. Ensemble, ils auront tous un destin à accomplir. Mais ce destin est, avouons-le, franchement pathétique, et il écorche notre société par le fait même.

À ce titre, The Holy Mountain est un voyage, une expérience de vie assez particulière dans lequel on a le choix de se débattre ou de flotter au fil des images. La deuxième option est beaucoup plus agréable, croyez-moi sur parole, mais il faut bien prendre attention de ne pas se bruler. Car, je le répètes, le point de non-retour n'existe pas. Soit l'on est effrayé et l'on adore, soit l'on est effrayé et l'on crache.

Mais au fond, et c'est ça le plus terrifiant, c'est que le crachat finira certainement par nous retomber dessus.
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Howl's Moving Castle 2005,  PG)
Howl's Moving Castle
Seen 2 times.



Wow. Moi qui était un peu déçu dans les 10 premières minutes du film parce que je ne reconnaissais pas l'ambiance à laquelle Miyakazi m'avait habitué avec Porco Rosso. Porco qui? C'est de la petite bière à côté d'un chef-d'oeuvre animé comme celui-ci. Je... Wow. Comment décrire l'expérience de visionner un tel film? Comment pourrais-je mettre des mots sur cet univers totalement mongol qui nous enivre, qui nous fait revivre toutes nos joies et toutes nos peines? Je m'emporte, je m'emporte, certes, mais personne ne s'emportera jamais assez sur les films de Miyakazi. Je n'en ai vu que deux, et je suis déjà triste de savoir que je n'en voirai que 5-6 au total.
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Inglourious Basterds 2009,  R)
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Cidade de Deus (City of God) 2002,  R)
Cidade de Deus (City of God)
Seen 2 times.

Le plus sincèrement du monde, il serait inacceptable de ne pas situer Cidade de Deus dans le top 10 des meilleurs films de toute l'histoire. Non pas seulement de l'histoire du cinéma brésilien, non, mais bel et bien dans les annales de toute la cinématographique à travers le dix-neuvième, le vingtième et le vingt-et-unième siècle.

Meirelles et Lund sont loin d'être des personnalités très connues (et reconnues) dans le domaine du cinéma. L'un est davantage mentionné pour son argent, l'autre pour son bagage d'assistante-réalisatrice. Et pourtant, selon moi, après que j'ai attentivement prêté mon oeil à une seconde écoute, il va sans dire qu'il s'agit là, toutes catégories confondues, de la meilleure réalisation cinématographique. Le montage, autant interne qu'externe, le son, les plans de caméra, la musique, tout me fait frémir jusque dans le trépas de mon âme. Décidemment, je suis sans mots pour exprimer toute la magnificence de cette réalisation qui accote, et même outrepasse, tout ce qu'il m'a jamais été donné de voir, et même de certains grands maîtres de la cinématographie.

S'ajoute à cela un scénario incroyable, autant tragique que rafraîchissant, tandis que le spectateur s'engouffre dans les ruelles ingrates du débarras humain de la Cité de Dieu. Laissons-nous subjuguer par la naïveté désarmante de Fusée qui filtre à travers ses yeux de colombe la dureté d'un univers dans lequel il n'a pas demandé à naître, par l'ambition dévastatrice de Petit Zé qui ne se fait pas prier pour se laisser masturber par une civilisation en quête de dictateurs, par l'insouciance de Béné qui, au bout du compte, s'aperçoit que la vie est emplie de bonheurs qu'on ne peut jamais atteindre sans en payer le plein prix, et de tous ces autres habitants de la Cité de Dieu qui, ad vitam eternam, cultiveront leur souffrance parmi les semences de la loi de la jungle.

Non, la nature humaine ne pardonne pas.
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The Squid and the Whale 2006,  R)
The Squid and the Whale
Touchant. Trop touchant. Et quelles interprétations... La plus puissante illustration de vie qu'il m'ait été donné de voir.
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The Thing 1982,  R)
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The Wind Will Carry Us 1999,  Unrated)
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Butch Cassidy and the Sundance Kid 1969,  PG)
Butch Cassidy and the Sundance Kid
Il y a de ces films qui, ma foi, rafraichissent.

Ces films dont on débute la projection sans réellement connaitre l'année de production, sans même vraiment avoir pris la peine de se renseigner sur le synopsis. Pour ma part, Butch Cassidy and the Sundance Kid est l'un de ces films.

En toute humbleté, après mon visionnement, force est d'avouer que j'étais absolument convaincu qu'un tel film avait été réalisé au début des années 80. Cette conviction m'habitait et m'induisait en erreur par la même occasion. Si bien que j'en étais venu à dire que de tels films redéfinissent des genres, qu'ils insufflent un second souffle de vie à des épopées qui ont marqués les plus vieilles générations. Butch Cassidy and the Sundance Kid était, encore une fois, l'un deux.

Car, aujourd'hui, au risque de me faire taper sur les doigts, avouons que les films de Leone ne correspondent plus à ce qui est en mesure de plaire à la masse. Je voulais dire que ce western rafraichissant de George Roy Hill s'adaptait davantage à notre société en mutation. Je voulais dire que le scénario était travaillé d'une manière plus intelligente, qu'on y insérait des répliques et des dialogues qui tuent, que les personnages de Cassidy et de Sundance étaient incroyablement colorés et explosifs, de sorte à ce qu'il devient à peu près impossible de se lasser de leurs aventures. Bref, je voulais vous dire que ce western redéfinissait un genre.

Mais comme ce film a été fait en 1969, soit seulement un an plus tard après la parution de Once Upon a time in the West...

Je fermerai ma gueule.
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The Hustler 1961,  Unrated)
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Manhattan 1979,  R)
Manhattan
Seen 2 times.

Manhattan est à Woody Allen ce que hibou est à la règle des X.

Il est l'exception à la règle.

Manhattan est l'un de ces (trop) rares films qui parvient astucieusement à combiner les thèmes principaux fétiches du réalisateur new yorkais (relations amoureuses, adultère, psychanalyse, etc.) ainsi qu'une bonne dose de philosophie et de connaissances cinématographiques. Manhattan se savoure, tout simplement. C'est un long-métrage pourtant court qui se laisse bien prendre avec une touche d'ironie et d'humour, avec un personnage comme Isaac Davis dont on tombe immanquablement amoureux (tout comme lui est en amour avec le cinéma), avec des liaisons amoureuses perturbées et perturbantes qui nous enjolivent dans les états d'âme et la romance de New York.

Car, chez Woody Allen, New York devient plus que jamais un véritable personnage qui, lui aussi, a des rêves, des aspirations, des craintes et des désirs. Et quand on saupoudre tout ça d'une bonne dose de plans incroyablement formidables qui nous donnent envie d'immobiliser l'image quelques instants, juste le temps de pouvoir savourer la beauté de la photographie, on en crée un véritable chef-d'oeuvre romantique...
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Network 1976,  R)
Network
Sidney Lumet est peut-être un grand réalisateur, mais il est de ces films où la beauté de la réalisation se laisse carrément supplanter par l'incommensurable génie de l'auteur du scénario. En l'occurrence, le ô combien éduqué Paddy Chayefsky. La première heure du film, dois-je vous l'avouer, avait tendance à me laisser un peu perplexe. L'histoire était bonne, voire même un peu entrainante, certes, mais on se perdait parfois un peu dans de mauvaises directions.

Toutefois, dès que les trente dernières minutes du film approchent, on meurt. Oui, tout simplement, on meurt. Parce que les textes sont tellement si puissants, ils regorgent tellement de vérité que c'en est blessant pour tout le monde, et d'autant plus le capitalisme. Network, c'est l'illustration d'un des principes fondamental du capitalisme; soit la mort de l'individu aux dépens de la société.

Je vous le jure... C'est bouleversant.

D'ailleurs, une scène complète m'a entièrement fasciné tellement le texte était beaucoup trop incroyable. Si bien... Que j'ai pris la peine de la retranscrire au complet. Croyez-moi, c'est devenu une de mes citations préférés. Prenez la peine de le lire, ça vaut la peine. C'est en fait le discours d'un capitaliste convaincu qui veut convaincre un présentateur télé aux tendances communistes de l'efficacité du capitalisme. Je vous le jure, ça me donnait presque le goût d'aimer le capitalisme.

You are an old man who thinks in terms of nations and peoples. There are no nations, there are no peoples! There are no Russians! There are no Arabs! There are no Third Worlds! There is no West! There is only one holistic system of systems. One vast and immane, interwoven, interacting, multi-variate... multinational dominion of dollars. Petrol dollars, electro-dollars, multi-dollars. Reichsmarks, rins, rubles, pounds and shekels! It is the international system of currency which determines the totality of life on this planet. That is the natural order of things today! That is the atomic and subatomatic and galactic structure of things today! And you have meddled with the primal forces of nature! And you will atone! Am I getting it through to you, Mr. Beale? You get up on your little 21 inch screen and howl about America and democracy. There is no America. There is no democracy. There is only IBM and ITT and AT&T and Dupont, Dow, Union Carbide and Exxon. Those are the nations of the world today. What do you think the Russians talk about in their councils of state? Karl Marx? They get out their linear programming charts, statistical decision theories, minimax solutions and compute the price-cost probabilities of their transactions and investments... just like we do. We no longer live in a world of nations and ideologies, Mr. Beale. The world is a college of corporations inexorably determined by the immutable bylaws of business. The world is a business, Mr. Beale. It has been since man crawled out of the slime. And our children will live, Mr. Beale, to see that perfect world in which there's no war or famine, oppression or brutality!
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The Sting 1973,  PG)
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Straw Dogs 1971,  R)
Straw Dogs
Je n'ai jamais autant détesté des personnages, jamais autant haï la relation qui les unissaient entre eux, jamais autant pesté contre leur réactions incompréhensibles et inhumaines, jamais autant exécrer la lacune des dialogues qui, majoritairement, finissent tous par s'échouer dans des silences qui aliènent l'âme et irritent l'intérêt.

Et pourtant, quel formidable film.

Straw Dogs est véritablement un long-métrage issu de la cuvée des années 1970, affublé d'un esprit de révolte qui s'entête à vouloir transgresser les conventions établies du bien-être des sociétés contemporaines. Que ce soit Clockwork Orange, Taxi Driver, Deliverance, Novecento ou même Last Tango in Paris, tous correspondent plus ou moins à cette idéologie de contestation et pourraient tous faire l'objet d'une dissertation critique analogique, si vous voyez ce que je veux dire.

Même si le film entretient un rapport infiniment distant avec le spectateur et parvient même à maintenir chez lui un malaise très souvent déplaisant, même si le déroulement manque largement d'unité et que les péripéties sont bien souvents illogiques, même s'il s'agit là d'un script qui en demande beaucoup trop aux spectateurs en exigeant d'eux qu'ils percoivent la logique dans des relations aussi perverses, même si Dustin Hoffman lui-même crache presque sur sa propre performance et admet qu'il n'a participé qu'à ce long-métrage pour des raisons financières, Straw Dogs demeure un intouchable dans les annales de la cinématographie violente.

Définitivement, si j'avais parlé d'un style à la Haneke pour Deliverance, je m'étais fourvoyé, car c'est véritablement d'oeuvres comme Straw Dogs que le maître autrichien du malaise s'est inspiré pour la réalisation de films comme Funny Games.
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Brazil 1985,  R)
Brazil
En premier lieu, une bonne dose du magnétisme de Kafka. Des institutions labyrinthiques de la Justice et du gouvernement qui deviennent rapidement imparables et qui n'ont que l'illogisme pour logique. Sam Lowry, interprété avec incroyablement de brio par Jonathan Pryce, s'y débat du mieux qu'il le peut, tâche de ne pas attirer l'attention tout en vivant sa vie convenablement. Au mieux, il se bat pour que personne ne le batte à son tour...

Par la suite, on mixe cette impuissance avec le totalitarisme avancé digne d'être tout droit sorti de l'imagination de Georges Orwell lui-même. Lowry n'est qu'un des innombrables pions d'une société despotique qui n'éprouve aucune considération pour les êtres humains. Le dossier de l'individu supplante donc l'individu lui-même, et les assassinats accidentels se traduisent par des erreurs de dossier. De quoi s'approcher d'une tyrannie insidieuse puisque ce gouvernement semble démocratique, au premier coup d'oeil, mais on s'aperçoit bien que quiconque veut porter plainte n'y parviendra jamais. Car la route est longue dans Brazil... Très longue.

Tertio, on fait mariner ça dans une bonne ration de Lewis Carroll. Oui, oui, ce même Lewis qui avait jadis écrit, entre autre, Alice au pays des merveilles. Car les associations loufoques pleuvent dans Brazil, et l'absurde a tôt fait d'imbiber notre écran de télévision, si bien qu'on ne peut s'empêcher de se laisser charmer par ce burlesque si amusant, mystérieux et indéfinissable à la fois. Et pourtant, on ne peut s'empêcher d'y penser: tout a-t-il réellement un sens? Et c'est là que tout devient effrayant, puisque même le rire a son sous-entendu.

Bien évidemment, ça manquerait de saveur si on ne se gardait pas d'y ajouter une sauce à la Kubrick. Brazil respecte effectivement plusieurs éléments de Clockwork Orange (dans le plus joyeux, toutefois), que ce soit par les personnages bigarrés qui bravent l'autorité ou par cette finale extraordinaire qui nous laisse figés, perplexes, ébahis devant un générique qui défile sous la chanson thème de Brazil.

Enfin, une infime pincée de Jeunet, pour cette ambiance magistrale qui en résulte, pour ce mystère infini qui fascine et accroche, qui nous donne encore et toujours le goût de prolonger notre écoute, de tomber dans ce monde extraordinaire là où le bien côtoie le mal et où le rire n'est qu'une conséquence de l'inhumanité de l'horreur.

Si vous respectez bien ces étapes, après quelques heures de cuisson, vous seriez en mesure de tomber littéralement en amour avec Brazil, à un point tel que s'il avait été écouté un peu plus tôt dans votre vie, il serait probablement votre film favori.

Mistakes? We don't make mistakes.
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The Good, the Bad and the Ugly (Il Buono, il Brutto, il Cattivo.) 1966,  R)
The Good, the Bad and the Ugly (Il Buono, il Brutto, il Cattivo.)
Un spaghetti western classique comme on les aime. Je n'ai pas de problème à comprendre que ce film soit dans la liste de grands classiques de plusieurs personnes. J'ai moi-même trouvé plusieurs plans forts intéressants, qui me replongeait moi-même à la bonne vieille époque où je trippais Desperados (PC), avec la fameuse musique western jouée par des harmonicas. Seulement, c'est assez facile de décrocher du film par moment tellement la continuité est mauvaise dans l'histoire, mais on se raccroche vite quelques minutes plus tard.
38
Life Is Beautiful (La Vita è bella) 1997,  PG-13)
Life Is Beautiful (La Vita è bella)
Puissante. Puissante, l'interprétation de Roberto Benigni. Puissante, l'interprétation de la beauté. Puissante l'interprétation de l'amour. Puissante, la vie.
39
The War Zone 1999,  R)
40
There Will Be Blood 2007,  R)
There Will Be Blood
Le voilà enfin, le meilleur film de 2007.

Je n'ose pas faire de critique. Je veux le réécouter avant. Wow.
41
Do You Remember Dolly Bell? 1986,  Unrated)
42
Angst Essen Seele auf (Ali: Fear Eats the Soul) 1974,  Unrated)
43
Crash 1996,  NC-17)
Crash
Des hommes et des femmes qui n'ont pas évolués, encore cloitrés dans les loisirs de leur enfance, se métamorphosant eux-même en Barbie et en Ken à force de jouir des accidents d'automobiles. Blasphème! L'accident n'existe pas, seul l'art subsiste.

Cronenberg nous livre une fable troublante et hypnotique sur la suffisance de la douleur, la perversité du hasard et la fatalité de la jouissance. Entre alors en jeu la conspiration du monde en terme d'absence de culpabilité de l'individu. D'ailleurs, dans Crash, l'individu n'existe plus, il se laisse gober tout rond par le monde, là où les lois physiques et métaphysiques se côtoient sans trop de problèmes.

Repoussées encore et encore, les limites de la perversion. Peut-être même un peu trop vers la fin, là où Cronenberg cherche désespérément à abolir les tabous de notre société en établissant une ambiance frénétiquement sexuelle. À un point tel que les scènes de sexe trop sensuelles ont été coupées par Cronenberg lui-même...
44
Dogville 2003,  R)
Dogville
Douloureux. Oui, c'est probablement un des films les plus douloureux qu'il m'ait été donné de voir. Sincèrement, la dernière heure fut très pénible à visionner. Mais pourtant, pas de sang, pas d'horreur, on ne voit rien! Mais Lars von Trier se moque de nous avec un scénario poignant, un scénario naïf qui nous ensorcèle dès les premières minutes du film. Et on a beau essayé, on ne peut pas y échapper.

La réalisation est d'une esthétique déroutant. Si inesthétique qu'il devient beaucoup trop esthétique. Le manque du tout et l'abondance du rien me fascine et me plonge dans un univers unique. Je m'étais donc trompé en affirmant que Dear Wendy ne pouvait se comparer à rien.

Dogville, c'est Dear Wendy... en mieux.

Vive l'intérêt de von Trier pour les villes isolées.
45
8 1/2 1963,  Unrated)
46
Vertigo 1958,  PG)
Vertigo
D'entre Psycho et Rear Window. Vertigo est celui qui m'a le plus surpris alors que je m'y attendais le moins. Dès le départ, on reconnaît James Stewart, un acteur avec lequel on sait qu'on ne risque pas s'ennuyer (malgré la précédente lassitude du scénario de Rear Window), mais on se retrouve également bien vite plongé dans une énigmatique intrigue de 1958, mais pourtant encore ô combien actuelle! Seul reproche que j'aurais à faire à Hitchcock, c'est d'avoir dévoilé son punch trop vite, tandis qu'il aurait pu nous faire languir davantage en repoussant les déclarations de la dame beaucoup plus tard dans le film, notamment dans la scène finale. Scène, qui soit dit en passant, me restera toujours en tête comme étant une des meilleures qu'aura jamais réalisée Hitchock, outre celle de la douche dans Psycho...
47
Irreversible 2002,  Unrated)
Irreversible
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Humain. Le suis-je?

Une deuxième écoute. Plus douloureuse encore que la première. Infâme. La scène de l'extincteur, la plus douloureuse. Mais qui suis-je donc? Car, qu'est-ce que le sang si on le compare au viol, qu'est-ce le coup si on le compare à la blessure, la vraie? Il n'en est rien.

À certains moments, Noé m'enivre. Par ses plans de caméras magistraux, par cette recherche sonore nauséabonde, par ses tourbillons de haine incessants, par son bagage philosophique qu'il fait porter à chacun de ses films. À d'autres, il me dégoûte, m'inspire une sensation comme jamais je n'en ai ressentie auparavant. De s'exprimer à ce point, n'est-ce pas là une forme de créativité effrayante, voire avant-gardiste?

Car Irreversible ne se classe dans aucun genre. Au contraire, c'est bel et bien le genre de film qui mérite un genre à lui seul, le genre de réalisation sur lequel on ne peut porter de mots tant on est pris entre deux pôles: celle de l'émerveillement et celle de la frustration.

Pénible pour la conscience, certes. Mais surtout pour l'âme. Surtout.
48
Lawrence of Arabia 1962,  PG)
49
Memento 2000,  R)
Memento
Seen 2 times.

Ahhhhhh. Le voilà, l'accomplissement d'un réalisateur qui ne se sentait peut-être pas encore assez comblé par Following.

C'est effectivement sans me tromper que j'affirme qu'il s'agit là du meilleur suspense qu'il m'ait été donné de voir. Memento est ma boussole en terme de films du même genre, c'est à lui que mon jugement tente de comparer tous les nouveaux-nés thriller. Car non-seulement l'histoire à la base me semble littéralement extraordinaire et on-ne-peut-plus originale, Nolan a su y aller ingénieusement et originalement en modifiant de nouveau la notion temporelle d'un film pour finalement y aller d'un suspense à reculons. Certes, une technique déjà utilisée bien auparavant dans certains films, mais c'est réellement celui-ci qui donne le ton à la renommée du procédé.

À peine fini qu'on veut déjà remettre Memento dans le lecteur DVD, tant l'intrigue mérite d'être revisitée encore et encore. Construire une intrigue viable, c'est une chose. La construire à reculons en est une autre.

Leonard: [Running] Okay, what am I doing?
[Sees Dodd also running]
Leonard: I'm chasing this guy.
[Dodd has a gun, shoots at Leonard]
Leonard: Nope. He's chasing me.
50
Jean De Florette 1986,  PG)
Jean De Florette
L'adaptation cinématographique est une question pointilleuse qui coupe l'herbe sous le pied de bien des cinéastes. Dans ce cas-ci, je ne suis pas en mesure d'évaluer la qualité du rapport entre le livre et son adaptation au grand écran - n'ayant malheureusement pas lu le livre de Pagnol - mais il est évident que Jean de Florette est un grand film. Rectification: une grande histoire.

Toutefois, je ne crois pas que cette dernière m'aurait autant intéressée littérairement parlant. En l'adaptant sur l'écran, Berri nous permet de mettre des émotions sur des mots, nous permet de saisir l'ampleur du cruel destin qui lie les principaux personnages de l'histoire. Daniel Auteuil livre d'ailleurs sa plus solide performance, et de loin, incrusté comme jamais dans le personnage d'Ugolin, rôle qui diffère bien de ce qu'il s'est habitué à jouer depuis quelques années.

Et tout ça sans parler également de l'appui d'Yves Montand et de Depardieu, qui illuminent le long-métrage par leur jeux spectaculaires. Ce qu'il y a d'incroyable, c'est qu'on sait automatiquement la fin de l'histoire à l'avance... Mais que chacune des actions des personnages se savoure comme un bon verre de vin.
51
Blue Velvet 1986,  R)
Blue Velvet
Surpris, dans la mesure où je croyais que Lynch nous avait habitué à des films plus tordus que Blue Velvet. On croirait presque à un conte morbide pour enfant inspiré de la transition adolescent/adulte, un espèce de tourbillon de folie dans lequel on plonge pour prendre conscience que, la réalité, c'est moche.
52
Un 32 août sur terre (32nd Day of August on Earth) 1998,  Unrated)
53
Naked Lunch 1991,  R)
Naked Lunch
Moi et le surréalisme, nous nous marrierons. Non, peut-être pas à ce point là, mais je n'arrive pas à concevoir la raison de mon attraction envers le surréalisme tandis que le postmodernisme me répugne et m'épuise. Devrais-je plutôt me tourner vers l'absurde et le burlesque? Le fait est que Naked Lunch m'a vraiment fasciné du début jusqu'à la fin, et ce, peu importe ce qu'en dise les critiques. Cronenberg réalise un film qui s'inscrit dans la ligne sacrée des réalisations surréalistes et fait presque même rougir par là le Pape Breton.

Ce qui est merveilleux, c'est que, non seulement le spectateur retient ce qu'il veut bien retenir du film, mais que, contrairement au pur surréalisme, chaque élément a un lien, il est sous-entendu, sous-relié par une conspiration qui guette la monotonie. Par sa machine à écrire, Bill Lee exprime son inconscient. Par Cronenberg, nous exprimons aussi le nôtre.

Ce film, n'eût été du surréalisme, en serait un kafkaïen.
54
Yojimbo 1961,  Unrated)
55
Il conformista (The Conformist) 1970,  R)
Il conformista (The Conformist)
Si Il Conformista est probablement l'oeuvre la plus acclamée de Bertolucci et que Bertolucci est probablement mon réalisateur italien préféré, ça ne signifie pas que les deux font automatiquement bon ménage. Naturellement, on s'aperçoit bien vite de la grandeur de l'oeuvre de par les réflexions qu'elle engendre, mais l'ambiance se veut beaucoup plus hermétique que Bertolucci ne nous l'avait instaurée dans 1900 ou La Luna.

Bien que le fascisme se veut, à mon avis, la dictature la moins intéressante parmi les quatres plus grandes (fascisme, nazisme, communisme, capitalisme), on se laisse quand même bien vite hypnotiser par les déboires de Marcello qui voit ses convictions se remettre en question par elles-mêmes, le projetant à nu, fébrile, dans une mission périlleuse qui tient pour enjeu le salut d'une dictature ainsi que la volonté moraliste de Marcello.
56
The 400 Blows (Les Quatre cents coups) 1959,  Unrated)
The 400 Blows (Les Quatre cents coups)
Criss. Je voulais pas aimer ça. Au contraire, me voilà en train de capoter sur ce film là. Vais-je me retrouver forcé de visionner la série des Truffaut? J'en doutes. Vais-je me retrouver déçu devant tant d'autres films qui n'accoteront plus jamais le brio des 400 coups? Probablement. Une chose qui est sûre, c'est que je me suis laissé surprendre par le brio de Jean-Pierre Léaud, qui m'a d'ailleurs bien fait rire dans ses essais dans les suppléments du DVD. Je me suis laissé enivrer par la magie du film et rien, mais rien du tout, ne m'a semblé inapproprié.

Que demander de mieux?
57
In Bruges 2008,  R)
In Bruges
Amateurs de Hot Fuzz, régalez-vous, car c'est le retour d'une comédie satirique typique du genre auquel nous avait habitué Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost. Excepté que, cette fois-ci, ce sont Martin McDonagh, Colin Farrell, Ralph Fiennes et Brendan Gleeson qui tiennent les rennes de ce brillant film saturé d'humour noir. Plus que jamais, je me retrouve surpris par la qualité du scénario de McDonagh, un nouveau venu dans le métier, et à maintes reprises l'incongruité des dialogues en est venu à me faire tordre de rire. Extrêmement bien réalisé, le film allie plusieurs genres et passe aisément de la comédie au film d'action, du film noir au thriller et de l'aventure romantique au drame psychologique. Difficile d'être déçu par un tel alliage, d'autant plus que les gags sont abominablement cruels et mordants d'ironie. Définitivement mon genre de film. Une vraie surprise.

In the movie ''In Bruges'', the word 'fuck' and its derivatives are said 126 times in this 107-minute film, an average of 1.18 'fucks' per minute.
58
WALL-E 2008,  G)
WALL-E
Ce n'est plus un secret: Pixar sont définitivement les rois dans le domaine de l'animation. Après nous avoir offert coup sur coup The Incredibles, Cars et Ratatouille, Pixar remonte sur la scène en compagnie d'Andrew Stanton, celui qui nous avait jadis offert Finding Nemo, dans le but de s'aventurer pour la toute première fois dans un dessin-animé futuriste qui s'inscrit en quelque sorte dans la lignée du genre ''No Future'' dont le règne débute actuellement dans nos cinémas: WALL-E.

WALL-E, en plus d'être le plus charmant de tous les protagonistes de Pixar, est un film d'animation incroyablement ingénieux qui repousse les limites du bon goût. La première heure, entre autre, est vide de dialogues mais riche de contenu, si riche qu'elle parvient à faire fondre le coeur de n'importe quel spectateur et à s'improviser la fontaine de jouvence du cinéma. Avec WALL-E, tout le monde redevient enfant et se laisse bercer par le mielleux scénario qui combine parfaitement humour, charme, originalité et suspense.

Rires et larmes s'entremêlent assurément dans cette critique imagée de la société de demain, et amène forcemment le spectateur à y réfléchir longuement. En aucun cas le scénario ne m'est apparu prévisible, et bien au contraire, il s'agit d'un film d'animation étonnamment infiniment intelligent, surprenant toujours le spectateur avec une problématique-choc ou un revirement de situation majeur qui nous amène à reconsidérer la nature de notre mode de vie.

Dessin-animé oblige, cette critique est même étonnamment agréable lorsqu'elle est énoncée sur un ton aussi léger, sur une musique lancinante d'amour, de rires et d'eau fraîche. WALL-E a su me convaincre à nouveau que le cinéma possède une importance capitale: tout en divertissant, il informe, convainc et est peut-être même en mesure de faire bouger les choses d'une manière plus draconienne que l'on ne le croit. Si le cinéma est parfois un outil de propagande négative, il ne faut pas oublier que l'inverse est tout aussi vrai, et que le cinéma pourrait s'avérer un acteur important des phénomènes et des impacts sociaux qui prendront place lors des prochaines années. WALL-E est l'un de ces acteurs.

Si vous avez ne serait-ce qu'un infime intérêt pour les films d'animation, ne ratez surtout pas votre chance d'aller voir WALL-E au cinéma; vous le regretteriez. Ce pourrait être l'une des soirées les plus magiques de votre année. En tout cas, pour moi, ce fut le cas.

WALL-E est assurément le meilleur film d'animation ayant jamais vu le jour.
59
Metropolis 1927,  PG-13)
60
Love Me If You Dare (Jeux d'enfants) 2003,  R)
Love Me If You Dare (Jeux d'enfants)
Bouche bée. De mémoire, impossible de me souvenir d'un quelconque film ayant fait sauté mes émotions du coq à l'âne si facilement. On parle ici d'une comédie si irrésistiblement amusante qu'elle en devient cruellement douloureuse, qu'elle va même jusqu'à trahir le spectateur et toutes ses attentes. C'est romantique, mais cruel à la fois, un vrai Roméo et Juliette contemporain qui se complait dans la perversité du gage.

L'atteinte de la perfection, c'aurait été de supprimer les dernière 3 minutes du film, de sorte à ce que l'amour de Julien et de Sophie soit réellement immortalisé dans un bloc de ciment.

Une illustration de l'amour moderne comme il ne s'en fait plus.
61
Fa Yeung Nin Wa (In the Mood for Love) 2000,  PG)
Fa Yeung Nin Wa (In the Mood for Love)
Seen 2 times.



Il y a, ma foi, de ces films où la deuxième écoute supplante littéralement la toute première. Croyez-moi, ce fut le cas avec le film le plus réputé de Wong Kar-Wai.



A priori, il me semble que tout m'avait apparu si banal, si allongé, si vide de sens, si... hermétiquement asiatique, que le sommeil en était venu me chercher par petites bribes. Naturellement, j'entreprenais la deuxième écoute avec véhémence, dégoûté de devoir l'endurer encore une fois.



Et pourtant, tout m'apparût avec limpidité. En fait, ce qu'il est important de retenir, c'est que tout n'est que coïncidence. À elle seule, la vie est une immense pièce de théâtre, un gigantesque jeu de rôle où, toutefois, aucune réplique n'est écrite à l'avance. La vie est improvisée, les dialogues le sont tout autant; seuls les sentiments y échappent. Ainsi, quand tous les signes du hasard s'enlignent pour ouvrir la porte à un tel amour, c'est qu'il ne faut pas hésiter à mettre de côté toutes ses valeurs et à repartir sur de nouvelles bases.



Mais, au bout du compte, il n'y a que la nostalgie.



Et c'est cette nostalgie qui alimente l'être humain.
62
Oldboy 2004,  R)
63
The General 1926,  Unrated)
The General
C'est encore trop tôt pour l'affirmer, mais je me risque à le faire quand même: Keaton est probablement bien plus talentueux que ne l'est Chaplin.

Certes, Chaplin a un joli jeu de jambes et le maquillage rigolo de son visage égaye nos soirées maussades, mais Keaton, pour sa part, manie le corps humain comme personne ne le fait, il se fond dans son entourage et ne fait plus qu'un avec les objets de ses films. The General en est d'ailleurs un sublime exemple, dans la mesure où les prouesses de Keaton nous tiennent éveillés sur notre siège, s'inquiétant autant pour le personnage que pour l'acteur qui tient à risquer sa peau pour nous offrir un film de grande qualité.

Il s'agit là d'un film amusant, touchant et risqué qui, bien qu'il endorme Sweet, parvient à fasciner les âmes, à un point tel qu'il s'agit là du tout premier film muet qui parvient à se frayer une place, si minime soit-elle, dans mon top 100 de tous les temps.

Ne me reste plus qu'à parcourir les berges de la bibliographie de Keaton et de, ma foi je l'espère, la savourer à grandes bouchées de contrepèteries.
64
The White Ribbon (Das weisse Band) 2009,  R)
65
Léolo 1993,  Unrated)
Léolo
Seen 2 times.

Parce que moi je rêve. Parce que moi, je ne le suis pas.

Difficile d'assimiler Léolo aux autres produits issus du marché cinématographique québécois tant ce dernier se distingue si aisément de tous les autres. Littéralement parlant, c'est de la haute voltige, du talent à l'état pur, du jamais vu sur la scène québécoise. Entièrement basé sur une forme narrative, sur une poésie lyrique qui, ma foi, coupe brillament le souffle tout en évitant d'être trop hermétique, Léolo a le mérite de s'adapter parfaitement à la réalité québécoise des années 80 tout en étant le paradis des passions interdites de l'âme. Adapter la poésie à notre train-train quotidien, c'est un peu comme un bon film d'Alexandre Despaties; ça relève de l'impossible. Et pourtant, Lauzon l'a réussi à merveille, lui.

Si la majorité des films québécois ont le mérite de redessiner à la perfection l'époque dans laquelle ils se situent, ils se contentent beaucoup trop souvent d'enfiler un nez de clown et de danser une gigue en espérant que le grand public s'en contentera. Il ne faudrait pas se cacher que le cinéma québécois a fait d'énormes progrès depuis deux décennies, mais qu'encore là, aucun film n'est en mesure de s'approcher un tant soi peu de ce chef-d'oeuvre de Jean-Claude Lauzon. Repensons simplement à la cette finale tout simplement brutale, mais si apaisante à la fois, qui baptise cette comédie noire comme le plus grand film québécois de tous les temps...

Le drame familial de Léolo s'élève lui-même par son incongruité et se démarque, de loin, des autres drames familiaux revus maintes et maintes fois par le cinéma québécois. Possédant sa propre saveur internationale, Léolo se démarque véritablement des autres films de sa génération par une démarche artistique personnelle qui fait de lui un prodige de l'histoire québécoise.
66
Come and See (Idi i smotri) 1985,  Unrated)
Come and See (Idi i smotri)
Autour d'un feu, par une obscure nuit d'été, l'imagination d'Elem Klimov.

L'imagination? Les souvenirs. Oui, plutôt les souvenirs. Car Come and see, originalement intitulé Tuez Hitler, n'est nul autre que la transposition des cauchemars de Klimov au grand écran. Les cauchemars d'une Union Soviétique envahie par les troupes allemandes, les images déferlantes de l'odeur de la chaire humaine brulée par l'ambition du nazisme.

Certes, la première moitié du film est probablement beaucoup trop ineffective, s'attardant sur des points n'en valant probablement pas la peine, mais elle est vite rattrapée par l'atrocité de la deuxième. Come and see est d'ailleurs le premier long-métrage qui parvient momentanément à me dégouter un tant soi peu de ma fascination pour la dictature naziste.

Ce n'est pas pour rien que le jeune Kravchenko, acteur principal de 13 ans, a failli devenir fou lors du tournage...

Toutefois, comme il est évident de constater que le film est biaisé par l'opinion communiste, il ne faut pas blasphémer trop longtemps sur le nazisme. La dictature n'est pas un problème.

La guerre l'est.
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Star Wars: Episode VI - Return of the Jedi 1983,  PG)
68
Star Wars: Episode V - The Empire Strikes Back 1980,  PG)
69
Star Wars: Episode IV - A New Hope 1977,  PG)
Star Wars: Episode IV - A New Hope
Seen 2 times.

En 1977, lorsque Georges Lucas a lancé ce film dans tous les cinémas de l'Amérique du Nord, tous se sont attendus à un flop monumental, des différents cinémas qui ont refusés de le programmer en passant par Alec Guinness (Obi-Wan Kenobi) qui a exigé de Georges Lucas qu'il le fasse mourir pour éviter de devoir jouer dans des suites.

Près de 30 ans plus tard, il y a encore des jeunes adultes qui, comme quoi, s'émerveillent encore et s'excitent frénétiquement le poil des jambes devant cette saga phénoménale. Le ridicule et la peur n'ont jamais tués Georges Lucas. Bien au contraire, ils ont fait de lui l'un des hommes les plus riches du continent en plus d'un des rares visionnaires qui a su donner une nouvelle teinte au cinéma contemporain. Star Wars a de plus forcé l'Amérique moderne à s'ouvrir au mythe stellaire et a cessé de le percevoir comme une menace telle que nous l'avait précédemment décrite le si grand classique de Kubrick 9 ans plus tôt. Si on peut même affirmer que la lutte entre les deux long-métrages, bien que largement différente dans l'approche du genre, est infiniment chaude, il en va de même pour le combat entre John Williams et la musique classique de György Ligeti.

A New Hope étant d'ailleurs le plus vieux Star Wars de toute la série, il va sans dire que le spectateur est d'ailleurs manipulé avec grâce pour lui éviter de deviner à l'avance les plus grand dénouements de toute la renommée saga. Toutefois, il faut avouer que certain non-sens sont alors nécessaires pour maintenir l'intégralité du suspense, et il faut avouer, entre autre, que l'on n'accorde absolument pas l'importance nécessaire à l'affrontement entre Darth Vador et Obi-Wan Kenobi. Malgré tout, A New Hope demeure un film sublime dont l'excellence ne peut être reproduite aussi parfaitement, et tous les amateurs de science-fiction trouvent rapidement leur compte dans une télésérie complexe et divertissante à la fois qui fait office de pionner marquant dans toute l'histoire cinéma.

Rien qu'à devoir critiquer Star Wars, c'est déjà un honneur imposant à lequel on ne peut rendre complètement gloire...
70
Before Sunset 2004,  R)
71
The Great Escape 1963,  Unrated)
The Great Escape
Un bon vieux classique de 1963 qui n'était pas dans mes archives cinématographiques, ça ne peut pas se refuser. Surtout quand le classique s'avère être un film de presque 3h qui passe en 1h15. On parle ici de la plus grande tentative d'évasion jamais tentée par des hommes qui se sont enrôlés dans l'armée avant de finalement tenter de déserter, puis d'être mis dans une prison spéciale avec d'autres soldats qui ont tentés de déserter.

Une centaine de soldats qui surveille deux centaines de soldats qui ont déjà tentés de déserter l'armée. Ironique, non? Le film est d'ailleurs incroyablement thrillant, et non ne cesse de s'attacher aux 250 personnages principaux (héhé), bien que le jeu de la majorité des acteurs manquent de réalisme.

Franchement, c'est presque impossible de ne pas aimer The Great Escape.
72
Shoah 1985,  Unrated)
73
Crash 2005,  R)
Crash
Seen 4 times.



Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais pas comment vous répondre. Je ne sais même pas s'il existe une réponse, en fait.



Toutefois, le fait est que ce petit bijou est celui, probablement le seul d'ailleurs, qui me fait pleurer comme une madeleine. Impossible pour moi de comprendre pourquoi, parce que je pleure habituellement assez difficilement, mais c'est immanquable avec Crash. Est-ce d'assister au récit d'une civilisation qui s'entredéchire par le racisme? Est-ce de contempler, impuissant, la perdition de la race humaine qui s'enlise dans des phénomènes absurdes comme le raciste? Est-ce tout simplement cette bande sonore, qui m'apparaît assez simpliste, mais qui est, selon moi, la plus efficace jamais entendue?



Je ne sais pas.



You think you know who you are. But you have no idea.
74
Sunset Boulevard 1950,  Unrated)
Sunset Boulevard
Il est un peu difficile pour moi de comprendre pourquoi est-ce que Sunset Blvd. s'est frayé une place dans le top 30 de tous les temps sur IMDB. Il va de soi que la réalisation est efficace, que le script possède plus d'un charme et que Gloria Swanson livre une performance à casser la baraque... Mais encore?

Je comparerais même peut-être ce film à Chinatown. Un très bon film que j'ai bien apprécié écouté, mais qui ne m'a pas réellement rejoint outre-mesure. Les deux présentent aussi des similtudes en ce qui a trait à certains détails du scénario qui ne correspondent pas nécessairement à des réactions humaines.

Sunset Blvd. Mais encore?
75
Blood Simple 1984,  R)
76
All About Eve 1950,  PG)
77
Days of Heaven 1978,  PG)
78
The Seventh Seal (Det Sjunde inseglet) 1957,  Unrated)
The Seventh Seal (Det Sjunde inseglet)
Je prends un malin plaisir à découvrir Ingmar Bergman, lui qui semble posséder une vision si particulière de la vie qu'il tient tant à nous faire partager via ses réalisations cinématographiques... Dans ''The seventh seal'', on y retrouve un perpétuel questionnement face à LA question intemporelle, qui a toujours vécu et vivra toujours, soit: Dieu existe-t-il vraiment? Bergman ne s'embarrasse pas avec la pudeur et traite impitoyablement avec la dualité du bien et du mal, et nous fait bien réaliser qu'il est impossible d'échapper à son destin...
79
Unforgiven 1992,  R)
80
sex, lies, and videotape 1989,  R)
81
Jules and Jim 1962,  Unrated)
Jules and Jim
Quel jour est-il? Le jour du 4. Pourtant, ç'aurait bien pu être le matin du 4.5, ou bien encore la nuit du 3.5. Mais non, quand on regarde sur le calendrier cinématographique français de la journée, on oublie le décalage horaire et on se retrouve avec un 4/5. C'est difficile de mettre une note sur cette oeuvre de Truffaut, puisque c'est une oeuvre qui se ressent beaucoup plus qu'elle ne se regarde.

C'est donc dire que la journée pendant laquelle l'on visionne le film est cruciale, puisqu'elle détermine elle-même le niveau d'appréciation du film en tant que tel. Jules et Jim est un très grand film, cela va de soi, et je n'aurais pas de difficulté à dire que c'est probablement le plus grand film de Truffaut, sans toutefois être mon préféré. Le contenu est riche, très riche, et c'est très difficile de comprendre l'ambigüité du trio amoureux qu'on nous expose, puisqu'il est digne des amours les plus compliqués sur cette Terre.
82
Un condamné à mort s'est échappé ou Le vent souffle où il veut (A Man Escaped) 1956,  Unrated)
83
Canada Russia '72 2006,  G)
Canada Russia '72
Seen 2 times.

Trois heures. Et encore trop peu pour pouvoir mettre des images sur des émotions. J'imagine que, pour ceux qui ont eu l'unique privilège d'assister à cette série du siècle, il ne s'agit là que d'une brève commémoration de leur souvenirs, peut-être sans plus. Mais pour ceux de la génération Y qui, comme moi, sont à la recherches de héros, il s'agit là de la porte parfaite, une porte qui nous est entrouverte par T.W. Peacocke.

Bon, à certains moments, la réalisation aurait pu être un peu mieux, certains buts lors des parties d'hockey sont assez flous... But who cares? C'est un flot d'émotion qui se déverse en moi à chaque fois, c'est 193 minutes qui s'écoulent en moins de 60, c'est l'enfant en moi qui sourit à pleine dents et qui, enfin, sans avoir l'occasion d'avoir aperçu le soleil, peut tout de même s'estimer heureux d'avoir frôlé quelques rayons de soleil.

Cette série est un long voyage qu'on entreprend dans les coulisses de hockey et, qui plus est, dans les dessous d'une terrible rivalité qui fut façonnée par la Guerre Froide et dont la victoire revêt beaucoup plus d'importance que l'on ne pourrait le croire.

Jamais un film ne m'aura autant fait rêver.
84
The Treasure of the Sierra Madre 1948,  Unrated)
85
Clerks 1994,  R)
Clerks
Wow. L'une des meilleures comédies qu'il m'ait jamais été donné de voir, et ce, même si elle gravite principalement autour de la vulgarité et de la sexualité. Voici une comédie « hollywoodienne » réalisée avec tact, brio, et très peu de budget. Curieusement, les acteurs ne m'ont pas impressionnées outre mesure, mais les dialogues étaient tout simplement divins, dans la mesure où Smith est parvenu à pousser la réflexion sexuelle un peu plus loin qu'à l'habitude.

L'esthétique, probablement encore une fois dûe à un manque de budget, m'apparaît réellement formidable, même si j'avais certaines hésitations quant au fait qu'on l'ait filmé en noir et blanc. Toutefois, même si Smith n'a pas filmé en noir et blanc pour cette raison, ça m'a vraiment accroché ce film où l'on délaissait les couleurs et la matérialité pour se plonger dans la stupidité intellectuelle des dialogues.

Customer: Cute cat. What's his name?
Randal: Annoying customer.
Customer: [grabs pack of cigarettes] Fuckin' dickhead.

Randal Graves: Listen to you, you're so repressed.
Dante Hicks: What? Because I never tried to suck my own dick?
86
Eternal Sunshine Of The Spotless Mind 2004,  R)
Eternal Sunshine Of The Spotless Mind
Si je m'attendais à ce que ce soit plus romantique, ça ne signifie pas pour autant que ce n'est pas un chef-d'oeuvre. Bien au contraire!
87
Duck Soup 1933,  Unrated)
Duck Soup
Haha! Et moi qui s'attendait à un film politique, me voilà bien mal informé! Les 10 premières minutes du film m'ont semblées pénible, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai bien été récompensé par mon attente. Duck Soup est un film de 1933, certes, mais ô combien amusant, surclassant même la grosse majorité des comédies contemporaines. Dans la lignée de Charlie Chaplin, Groucho Marx ne donne pas son pareil à ce qui a trait au mordant du sens de la répartie (et que dire de ses frères!). Duck Soup est un film à saveur politique qui déborde d'humour et qui oppose beaucoup de contrastes amusants, tout en utilisant à merveille l'humour burlesque.
88
Scott Pilgrim vs. the World 2010,  PG-13)
89
Funny Games 1998,  Unrated)
Funny Games
C'est le cinéma autrichien ou c'est Haneke qui laisse froid dans le dos? Personnellement, je mise sur le deuxième. Funny games me prouve définitivement que je n'aime pas autant les films morbides que je le pensais. Il rejoint la lignée des Ma mère et des Salo, bien qu'originalement réalisé. Peut-être même un peu trop que ça en devient parfois burlesque. Je déplore certaines facettes irréalistes de la réalisation, qui contribuent à discréditer l'ambiance que cherche tant à établir Haneke. D'autant plus qu'on ne continue pas dans la même optique de ces facettes: si Haneke veut faire le con avec des effets du genre, qu'il le fasse jusqu'au bout au lieu de le faire deux ou trois fois dans le film. Enfin. On est mal à l'aise tout le long du film, et je crois que le comportement humain est interprété à merveille par des acteurs qui vous donnent froid dans le dos. Je ne le réécouterais pas de sitôt, surtout que la deuxième heure du film est bourrée de silences trop longs.
90
Les Enfants du Paradis (Children of Paradise) 1945,  PG)
91
Cat People 1942,  R)
92
Suspiria 1977,  R)
93
All That Jazz 1979,  R)
94
A Fistful of Dynamite (Duck, You Sucker) (Giù la testa) 1972,  PG)
A Fistful of Dynamite (Duck, You Sucker) (Giù la testa)
C'est déjà assez loin dans mon esprit, mais ce dont je me souviens parfaitement, c'est que c'était sacrément excellent. Il n'y a même pas besoin de la présence d'un Fonda ou d'un Eastwood pour parvenir à concocter un bon Western, un duo d'acteur comme James Coburn et Rod Steiger accomplit déjà un travail colossal. Mais, bien évidemment, tout serait largement différent s'il n'y avait pas ce génie du spaghetti derrière la caméra...
95
My Darling Clementine 1946,  G)
96
C'eravamo tanto amati (We All Loved Each Other So Much) 1975,  Unrated)
97
Der Letzte Mann (The Last Laugh) 1924,  PG)
Der Letzte Mann (The Last Laugh)
Absolument superbe. Un excès de réalisme dans l'univers du renommé personnage d'Emil Jannings qui se transforme, d'un jour à l'autre, en véritable loque humaine condamnée à cirer les godasses dans les toilettes. L'ensemble de la réalisation est absolument superbe, les nombreux travelings sont grandioses et la mise en place des décors laisse rêver. Certains plans et certains procédés de montage et d'édition en font assurément l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du cinéma muet.

Un drame poignant, mais surtout, sincère.
98
Escape from New York 1981,  R)
99
Gilda 1946,  PG)
100
High Noon 1952,  Unrated)
101
Alphaville 1965,  Unrated)
102
Europa Europa 1991,  R)
Europa Europa
Seen 2 times.

Un petit bijou qui m'a initié au cinéma européen...
103
Stalker 1979,  Unrated)
Stalker
Seen 2 times.

Il y a précisément deux ans, lors de mon tout premier visionnement de Stalker, je m'étais laissé fasciner, comme un enfant, par une discipline qui m'était alors complètement inconnue. En effet, mon premier long-métrage de Tarkovski allait s'avérer en être un qui excellait dans la maîtrise du silence, qui faisait de ce dernier le ciment de l'architecture du scénario. Émerveillé par cette symphonie de mutisme, j'avais alors vogué durant près de trois heures, d'une vogue admirative qui me laissait sans voix devant l'exploit accompli. J'étais là, devant mon téléviseur, et j'essayais de comprendre comment est-ce qu'il était possible de réaliser un aussi bon - et long - film avec tant de silences.

Tôt ou tard, l'enfant doit ouvrir les yeux et apprendre à user de discernement. Même si ce n'est pas véritablement le cas de Stalker, toute nouveauté est parfois victime d'un tape-à-l'oeil trompeur. Car, cette fois-ci, bien que je demeure charmé par le travail de Tarkovski, l'écoute fut pénible parce qu'il me semblât justement que cette maîtrise n'était pas maintenue du début jusqu'à la toute fin. Si la majorité des scènes exposent un silence efficace qui redonne continuellement un nouveau sens à la Zone, les rares accalmies se traduisent trop souvent par des exposés philosophiques sans queue ni tête qui créent un contraste beaucoup trop imposant pour l'auditoire.

Si les récits philosophiques se veulent poétiquement songés, le vocabulaire employé n'est souvent pas accessible au spectateur, et cette dégurgitation spéculative sur la nature du monde finit rapidement par abrutir l'écoute de Stalker. Il n'en demeure toutefois pas moins qu'il s'agit là d'un des plus grands films du cinéma et que les personnages du stalker, du scientifique et de l'écrivain sont absolument fabuleux à analyser.

Par contre, ça n'aura jamais été aussi vrai: il faut être en forme pour écouter Stalker.
104
Hable con Ella (Talk to Her) 2002,  R)
Hable con Ella (Talk to Her)
Définitivement, et de loin, mon volet préféré de l'oeuvre d'Almodóvar. Tandis que Volver se voulait une comédie dramatique un peu trop légère à mon goût, La Mala educación m'épatait par la complexité de son scénario et par l'habileté d'Almodóvar à y placer des messages déchirants entre les lignes.

Dans Hable con ella, on n'y va pas de main morte avec le thème principal, et on se charge même très bien de nous faire comprendre que les limites seront éternellement repoussées pour l'amour de la femme. Almodóvar nous offre un récit qui m'a déchiré le coeur, un récit qui, sans nécessiter le besoin de s'appuyer sur des images pour choquer, s'appuie à son tour sur des concepts chaotiques sur la dualité de l'amour et de la vie.
105
Un Capitalisme Sentimental 2008,  Unrated)

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