Encore maintenant, j'ai des frissons sur les bras rien qu'à y repenser.
Assurément, c'est l'un de ces films qui, alors que vous ne vous y attendez vraiment, parvient à vous dépasser, autant spirituellement parlant que par l'essence même du scénario. Ceci est-il un film? Au bout du compte, on est forcé d'admettre que c'est le cas puisqu'on dénote quelques petites anicroches en cours des routes, des principes beaucoup trop cinématographiques comme la narration (qui, bien qu'elle ajoute de la sentimentalité et qu'elle soit nécessaire à certaines scènes, parvient parfois à nous faire décrocher de la magie du moment) qui déroutent le spectateur et qui éloignent le film du sentier de la spiritualité.
Ce qu'il ne faut oublier, et c'est le plus grand reproche que je ferai au film, c'est que, dans de telles occasions, il faut laisser les images parler par elles-mêmes. L'intervention de l'être humain n'est pas nécessaire, elle limite la puissance et la beauté de la chose. Sinon, Emile Hirsch est incroyablement surprenant, à un point tel que je crois qu'il aurait été difficile de mieux choisir un interprète pour Christopher McCandless, ce jeune homme à la mentalité si semblable à la mienne qui décide de tout plaquer la belle vie qu'il s'est acquis pour foutre le camp en Alaska, sans aucun bien matériels. Seulement, ce que Christopher a que je n'ai pas - que personne n'a - c'est le courage d'écouter sa voie intérieure, d'abattre le mur des conventions sociales pour s'épanouir pleinement en tant que ''moi'', sans faire fi de l'opinion des autres.
Quand le ''moi'' prime véritablement sur le ''lui'', ce n'est plus de l'égoïsme, c'est de l'humanisme.
Grand gagnant de la Palme d'Or de Cannes 2007, le film de Mungiu en est un qui laisse les évènements parler d'eux-même et qui n'encombre pas de dialogues superflus la fluidité du développement du film. L'histoire débute simplement dans la routine du régime communiste roumain en 1987, soit deux ans avant la fameuse chute symbolique de l'URSS par l'entremise de la démolition du mur de Berlin. Avec deux actrices superbes dans les rôles d'Ottila et de Gabriela et un Vlad Ivanov en grande forme dans les pieds de Monsieur Bebe, tous les éléments sont en place pour faire de 4 luni, 3 saptamâni si 2 zile un incontournable du cinéma européen.
Mungiu pousse l'audace plus loin encore dans certaines scènes, comme celle où l'on assiste à un souper de famille pendant une bonne dizaine de minutes avec un plan fixe, témoins de conversations banales et anodines tandis que le personnage principal, entouré de connaissances et suffocant presque de manque d'intimité, a pourtant un regard vitreux qui la distancie des autres personnages. Dans une telle oeuvre, il faut dire que drame et suspense se mêlent fortement pour donner naissance à un poupon romain mort né, qui ne laisse guère entrevoir des beaux jours pour la Roumanie et ses habitants.
Gachi Boy: Wrestling With a Memory - Norihiro Koizumi
(Absent sur Flixster)
Visionné dans le cadre du festival Fantasia 2008.
Le jour où j'aurai, devant moi, le sourire unique de Ryuta Sato me dévisageant d'une pochette emballée de Gachi Boy, vous pourrez être sûr que je ressortirai du commerce quelques minutes plus tard, le porte-feuille appauvri et le coeur enrichi.
De mémoire, il m'est impossible de comparer la magie du visionnement de Gachi Boy en salle de cinéma avec n'importe quel autre film. Ryuta Sato a rapidement conquis le coeur du public, et tous se sont appropriés sa quête et, durant plus de deux heures, ont fait de cette dernière une entreprise mémorable au cours de laquelle se succédèrent applaudissements effrénés, rires tonitruants et, pour certains comme moi, quelques larmes tergiversant au coin de la paupière. Jeune homme charismatique ayant perdu l'usage de la faculté mémorielle, Igarashi (Sato) se réveille chaque matin en ayant oublié la veille. Voué à une brillante carrière dans le domaine du droit, il prend rapidement conscience que seule l'empreinte de la douleur physique sur son propre corps lui permet de se sentir en vie.
Lorsqu'il caresse l'idéal de devenir lutteur, toute la salle se métamorphose en forgerons de ce rêve. Dans ce récit de vie merveilleux s'insère alors un sentiment d'américanisme, une certaine impression de déjà vu qui se retrouve dans n'importe quel film sportif du box-office. Mais attention, on est loin de traiter d'une sensation d'américanisme boiteux puisque cette dernière ne fait que renforcer l'intensité du long-métrage en maximisant l'impact des sentiments de l'auditoire. Naturellement, l'histoire se veut largement improbable, mais c'est juste cette même improbabilité qui nous permet de verser quelques larmes tant le miracle semble apparent.
Advenant une plus large commercialisation du film (traduction oblige), il n'en faudrait pas beaucoup pour bouleverser l'âme de l'Amérique moderne.
À la dernière minute, Frank et Mate se voient forcés de réorienter leur après-midi vers une autre salle de cinéma, un peu déçus de devoir manquer le film qui avait suscité en eux un océan d'attentes. Et pourtant, si jamais les billets n'avaient pas été en rupture de stock, jamais ils n'auraient eu la chance de goûter au film qui allait plus tard se mériter la mention du Meilleur Scénario du Festival Fantasia Édition 2008.
Car diminuez un tant soi peu la force de ce scénario, et Adrift in Tokyo perd automatiquement en qualité et en profondeur, quitte à devenir un film insipide sans grande morale et au développement interminable. Ce road-trip pédestre de près de deux heures n'est en fait rien d'autre qu'un alliage de dialogues suscitant à la fois chaleur et réflexions, dans lequel le duo d'acteurs explosif Jô Odagiri et Tomokazu Miura nous emportent dans une balade existentielle en plein coeur de Tokyo. Coloration et minimalisme se côtoient dans une oeuvre remarquablement onctueuse par le rafraîchissement de son propos et par sa façon tout à fait singulière d'amener le spectateur vers une ligne d'arrivée émouvante, avec pour seul acteur la singularité de la conscience humaine.
À peine Ex Drummer sorti en salle, les critiques montaient déjà sur leurs grands chevaux et proclamaient d'instinct que Koen Mortier était l'équivalent belge du visionnaire controversé Gaspar Noé, un réalisateur coup de coeur qui a véritablement révolutionné ma vision du cinéma par des longs-métrages déchirants de réalisme comme Seul contre tous et Irreversible.
La comparaison était poignante; difficile de ne pas se faire d'attentes dans de telles occasions. Parce qu'il aurait été très facile de tomber dans des sujets aussi glauques que ceux abordés par Noé sans pourtant être en mesure de les maîtriser convenablement, j'appréhendais quelque peu Ex Drummer, dont le synopsis m'avait pourtant si aisément séduit dès ma première lecture. Et pourtant, dès les premières minutes du film, le ton du film est clairement palpable: on a véritablement affaire à un second Gaspar Noé, à quelques différences près.
Dries, un auteur à succès, se voit proposer le poste de batteur dans un groupe de musique où chaque membre souffre d'un handicap quelconque. Le seul hic, c'est que ce dernier ne possède aucun handicap. Après réflexion, il finit par accepter. Au fur et à mesure que l'aventure progresse, Dries s'aperçoit que, psychologiquement, c'est véritablement lui le plus handicapé d'entre tous.
Sans véritablement être un film politiquement incorrect (une seule scène me vient en tête à ce propos), il s'avère que Ex Drummer plonge la salle dans un malaise nécessaire pour pousuivre le visionnement du film. Les thématiques abordées ne sont pas forcemment communes, et le cinéma sert alors ici d'intermédiaire pour forcer le spectateur à ouvrir les yeux sur une réalité qu'il se forçait à ignorer, soit celle de la pourriture de l'âme humaine et de son orgueil médiocre qui l'amène à accomplir les actions les plus viles sur son entourage. Chaque scène s'efforçant d'approcher une esthétique cinématographique originale, le long-métrage devient un bijou visuel douloureux qui s'emmêle peu à peu vers une décadence complète dans les recoins les plus profonds de nos propres défauts.
Ex Drummer, c'est un peu ce miroir qu'on voudrait tant briser avant qu'il ne nous montre des aspects de nous-même qu'on ne veut pas connaître.
Mais ne me demandez pas pourquoi: je suis tombé en amour avec Atonement. C'est un univers magique, envoûtant, se déroulant dans une Grande-Bretagne corrompue par les moeurs, où toute réalité n'est que pure coïncidence. Dès le départ, le montage a éveillé en moi un intérêt particulier, quoi qu'il fût prévisible à certaines scènes, et la musique, habilement majoritairement composée de sons de touches de dactylo, qui instaurait une ambiance lourde et légère à la fois, m'a incroyablement plu. Keira Knightley, une actrice qui me fait habituellement dresser les poils des bras dès qu'elle hausse le ton, vole la vedette à elle seule et chacune de ses présences devant la caméra m'envoûtait, me fascinait, m'hypnotisait.
Mais toute cette tragédie, ce concours de circonstances qui mène au décès du bonheur et de l'espérance, n'est-il pas obligatoirement fascinant? D'assister à de telles injustices irréparables, à une petite gaffe anodine qui condamne un amour au pilotis, y a-t-il quelque chose de plus atroce? Le concept tout droit sorti de l'imagination de Ian McEwan en vaut réellement la chandelle, et Joe Wright et Christopher Hampton ont eu la bonne idée de le reproduire sur grand écran.
Le point négatif majeur demeure bien évidemment, à mon avis, les scènes de guerre qui sont beaucoup trop longues. Elle illustrent peut-être bien le propos de l'inégalité et de la persécution du destin, mais il faut savoir doser les états d'âmes pour bien balancer le film. Or, cet abus de temps passé au sein des camarades de guerre est de trop, on finit par décrocher et par se désintéresser un tant soi peu au tragique de l'histoire de Robbie Turner. À ces moments-là, il ne me tardait plus qu'à revenir au sein de l'histoire des femmes en Grande-Bretagne.
Décidemment, il s'agit là d'un des meilleurs films romantiques que j'ai pu voir. Larmes aux yeux, gorge serrée, profond questionnement à savoir lequel de Atonement ou de No Country for Old Men est réellement le meilleur.
Comme dans ce cas-ci, il est effectivement assez curieux d'insérer un message socio-politique, presque livré à la manière d'un documentaire, dans un dessin-animé, genre habituellement destiné aux enfants et aux pré-adolescents. Rien ne s'arrange lorsqu'il est question de Marjane Satrapi, réalisatrice qui se fait une petite joie en se baptisant la propre héroïne de son film d'animation auto-biographique. Tout empire définitivement au moment où l'on s'aperçoit que le long-métrage a pour but d'éduquer et de sensibiliser à propos de la Révolution Islamique.
En partant, tous ces éléments bigarrés, tous les uns plus éloignés aux antipodes que les autres, nous assurent d'avoir en bouche une toute nouvelle saveur cinématographique, et c'est en partie cette conviction qui m'a projeté dans la gueule de Marjane, cette petite iranienne en recherche de stabilité dans un gouvernement en pleine mutation. Après écoute, me croiriez-vous si j'affirmais que c'est exactement par ce type de mixage que passe l'avenir de notre société?
Bain culturel aux eaux immensément profondes de noirceur, Persepolis se veut rafraîchissant et déchirant à la fois, et c'est précisément ce mélange qui entraîne et provoque obligatoirement nos méninges. Sous des graphiques simplistes - mais extraordinaires -, on devine un bataillon de dessinateurs, de monteurs, de scripteurs, d'informaticiens et d'historiens qui accouchent d'un conte urbain sur l'impact des révolutions sociales sur le petit peuple contemporain.
Persepolis aurait définitivement du remporter l'Oscar 2007 en Animation, la profondeur de son message et sa fraîcheur moderne surpassant et de loin l'ingénuité naîve de Ratatouille
Depuis ma toute première incursion dans le merveilleux monde de l'univers cinématographique, vous m'aviez bercé avec [i]Fargo[/i], un chef-d'oeuvre classique, véritable reflet de votre mentalité et de vos violentes - mais ô combien plaisantes - moeurs. Et encore aujourd'hui, près de 11 ans plus tard, vous y voilà encore, recyclant éternellement cette même ambiance qui vous est propre et dont l'intérêt qu'on lui porte peine largement à s'épuiser.
Il est évident que [i]No Country for Old Men[/i] ne possède pas réellement de générique. Les derniers mots du shériff Bell s'enclenchent comme l'ombre du jugement dernier et les noms de ceux qui ont participés à cette folle aventure défilent. Et pourtant, pour moi, impossible de voir quoique ce soit d'autre que votre signature.
[i]No Country for Old Men[/i], c'est du Coen à l'état pur, et encore davantage. Encore en 2007, vos figures de styles métaphoriques bouleversent, elles bousculent le spectateur, l'interpellent sans relâche. En près de 120 minutes, vautré dans un sofa avec une demie-douzaine d'amis - Q20 étant absent -, les visages se sont progressivement métamorphosés au fur et à mesure que Javier Bardem donnait vie à l'essence créatrice de votre impitoyable scénario.
Stupéfaction. Effroi féminin. Élastique lubrifié. Toute la gamme d'émotion y est passé, et ç'aurait été une éruption de coeurs qui auraient défoncés collectivement nos poitrines si ce n'avait pas été de ces trente dernières minutes qui, bien que vitales, ont un peu contribués à affaiblir le rythme frénétique auparavant établi par le scénario et ses silences mortels immédiatement poursuivis par le brouhaha des balles qui sifflent.
Votre bébé n'est en rien ascendant; c'est même plutôt le contraire. Et à mon avis, c'est ce qui le rend si spécial. Tout commence par une effusion de sang, de violence et d'inhumanité pour finalement se solver par un calme logique et transcendant. Tirer d'abord, réfléchir ensuite. Un vieux dicton américain à nouveau appliqué dans votre plus récente réalisation.
Si j'avais toutefois quelque chose à vous reprocher, ce serait d'avoir caché quelques éléments de trop au spectateur, éléments qu'il m'a fallu éplucher sur Internet pendant plusieurs demie-heures avant de parvenir à saisir complètement. Ç'aurait pu me charmer s'il s'agissait de révélations spirituelles et symboliques, ou encore de ce genre de déclic qui vous procure une sensation incroyable quelques heures après le film parce que toutes les pièces du puzzle viennent de s'emboîter. Non, au contraire, les éléments manquants du scénario étaient vitaux à la compréhension, et cet illogisme a, malgré nous, imposé une barrière discrète entre le film et notre appréciation de ce dernier. Il ne faut pas prendre le spectateur pour un con en lui donnant l'intrigue tout cru dans le bec, dans la même mesure où il ne faut pas non plus surestimer l'auditoire. L'art d'être spectateur ne comprend pas nécessairement la fonction de devenir devin.
Sinon, images fracassantes, troublantes, mettant en relief les majestueux mais ô combien lancinants paysages du Texas et du Nouveau-Mexique. Effets spéciaux à couper le souffle soutenus par un Javier Bardem dans l'un des rôles les plus surprenants de sa carrière. ''Je ne fume pas, je déteste la violence et je déteste le sang.'' avait-il argué en refusant le rôle que vous lui aviez proposé. ''C'est justement pour ça qu'on te veut.'' avez-vous répliqué.
Et franchement, ça mérite peut-être d'être la meilleure réplique du film.
Veuillez agréer de toute mon appréciation en tant que spectateur émerveillé. Et, surtout, vivez pour l'éternité, jusqu'à ce que votre crâne soit défoncé.
Quoi que je puisse en dire, j'ai vraiment apprécié cet amalgame d'amour/haine et le long-métrage est réussi puisqu'il est propre à l'image des Beatles. Bien que le seul que je n'aie pas vraiment apprécié soit Jim Sturgess, les autres acteurs/chanteurs étaient incroyablement formidables, quand bien même l'histoire et le film aient frôlés les limites de kitsch. Un récit de vie formidable, avec quelques scènes en trop (le cirque qui, bien que somptueusement esthétique, était vraiment superflu, ainsi que ''I'm the egg man''), mais tout de même pas assez pour que je ne puisse affirmer qu'il s'agisse là de la meilleure réalisation que j'aie jamais vu pour une comédie musicale.
Cette réalisation ingénieuse a su allier esthétique et avant-garde comme je l'apprécie, et j'en suis reconnaissant à Julie Taymor pour m'avoir fait vivre de tels moments. Toutefois, globalement, Across the Universe demeure atrocement loin derrière Moulin Rouge! et se classe tout juste au côté de l'excellent Rent.
Certains, comme Mate, crieront à la conspiration, mais je dois avouer que j'ai été incroyablement éberlué par Death Proof, qui, pour mon plaisir personnel, owne facilement Planet Terror. Je comprends le point de vue de ceux qui rouspètent contre la longueur et la supposée lenteur du film (les scènes entre les filles sont beaucoup trop longues, je m'en fous de la grosseur de la queue de John), mais la réalisation hors-pair et le scénario de débile de Tarentino ont vite fait monter en moi un flot d'adrénaline incomparable.
Alliance parfaite entre un thriller de haute qualité et un film d'action/horreur aux effets spéciaux faramineux, Death Proof a su captiver mon attention par des dialogues incroyables et du sang giclé à toute allure. D'ailleurs, LA scène du film est, à mon avis, entrée dans les annales des plus grandes scènes cinématographique du cinéma de tous les temps.
Plus que jamais, la France se signale en matière de réalisation cinématographique par l'entremise de Julian Schnabel (un Américain, étonamment), tandis que Le Scaphandre et le Papillon se révèle être un véritable récit contemporain sur la floraison de l'espoir d'un handicapé. D'ailleurs, le film se veut un peu l'inverse de Mar adentro, en ce sens où Jean-Dominique Bauby cherche à reprendre goût à la vie tandis que Ramon Sampedro espère, pour sa part, achever ses jours le plus rapidement possible.
C'est peut-être loin d'être un des films qui m'a le plus touché au monde, (même que parfois, en tant que spectateur, je me sentais distant par rapport à toute cette tragédie) mais il est évident qu'un conte aussi magnifique, d'autant plus que certains passages sont parvenus à poétiser davantage mon âme, ne peut laisser de glace aucun être humain sur cette Terre.
Denys Arcand frappe fort avec L'âge des ténèbres, son film le plus complet depuis Jésus de Montréal, bien qu'il ait été démoli par la majorité des critiques montréalaises et de la foule qui l'accompagnait. Ce qui est extraordinaire, c'est que L'âge des ténèbres parvient à instaurer un climat de comico-tragédie comme rarement vu auparavant. D'un côté, Jean-Marc Leblanc et son existence si banale, si insipide, si... commune. Le portrait typique d'une partie de chacun d'entre nous, de notre manque d'ambition et de notre étonnante capacité à nous complaindre dans une situation qu'on aurait la force de changer, n'eût été de ce pitoyable manque de volonté qui nous accable. Le scénario est en maints points semblable à Continental, mais infiniment plus travaillé, plus complet et plus riche, non seulement en terme de réalisation artistique mais également en ce qui a trait au scénario et aux dialogues.
De l'autre, Marc Labrèche, figure par excellence de la loufoquerie québécoise qui sait s'enflammer de satire et d'ironie dans plusieurs moments loufoques qui apportent au film un énorme je-ne-sais-quoi qui le distancie de la majorité de tous les autres films de notre petite patrie. Rêve et fiction s'entremêlent alors définitivement, et le spectateur se retrouve prisonnier de ce non-sens, incapable de dissocier les fantasmes du personnage de la réalité qui l'entourent. Quels sont alors les outils pour espérer se sortir d'une vie d'engagement, de responsabilités, de devoirs, de contrats et, plus qu'autre chose, de malheur? Quelles sont alors les possibilités pour atteindre le bonheur, et quel en est donc le prix à payer si la société estime qu'il est alors trop tard pour y parvenir?
Jean-Marc Leblanc s'aventure dans les sentiers de la vie et tente tant bien que mal de se tirer de ce bourbier dans lequel des milliards d'entre nous se sont empourprés.
Ça, c'est de l'hollywood en puissance. Même si je sais que Frank a connu beaucoup de pépins avant de trouver un réalisateur qui allait faire le boulot (soit, lui-même), le résultat est tout simplement incroyable. Le scénario, à la toute base, est un peu du déjà vu, mais la manière dont tout est traité est franchement originale.
Qu'on parle du script ou de la réalisation, tout mérite la peine d'être visionnée dans ce film. Et tout ça sans mentionner encore une fois la performance de Dieu de Jeff Bridges qui, bien qu'inutile dans la première moitié, prend tout son sens dans la deuxième.
Frank a recours à certaines méthodes qui sont vraiment efficaces, des méthodes qu'il n'abandonne jamais au cours du film et qui nous rappellent toujours la gravité de la situation et la fragilité du personnage principal.
N'eût été des dix dernières minutes du film, il se serait probablement mérité un beau 4. Non mais, a-t-on idée de toujours ruiner l'originalité d'un tel scénario en introduisant des punchs atrocement américains à tout bout de champ? Jusque-là, le scénario ne dédaignait pas un tant soi peu de marginalité (personnages contrastes) et l'on venait tout juste d'assister à la scène des bains, probablement la plus formidable du film.
Alors, de voir un punch à la Bruce Willis, bof. Très bof, même. Néanmoins, j'ai vraiment apprécié ce film, quand bien même le jeu de Naomi Watts me répugnait atrocement, mais je considère que c'est de la perte de temps.
L'écoute? Mais non, ça, ça vaut la peine à mon avis. C'est plutôt de la perte de temps pour Cronenberg qui s'éloigne de ce pour quoi il avait un don particulier: l'étrangeté, le mystique et le surréalisme. Bon, je suppose que le vieux Cronenberg n'est plus, qu'il ne subsiste encore que dans les souvenirs de fans finis comme moi et qu'il faut bien penser à évoluer un jour, pour le meilleur ou pour le pire.
Je croises tout de même les doigts pour que, dans 10 ans, Cronenberg n'ait pas 8 autres films de mafia réalisés.
Il faut avouer qu'il y a longtemps qu'un dessin-animé ne m'avait pas plus à ce point. Certes, ce petit bijou animé se laisse éclipser par la concurrence de Ratatouille, qui s'est approprié beaucoup trop de mérite à mon avis, mais il va sans dire que l'humour de Meet the Robinson est littéralement à tomber sur le cul, peut-être même le plus tordant des dessins-animés qu'il m'ait été donné de voir. L'histoire est par moment un peu cliché, mais le script est parvenu à me surprendre avec un punch vraiment incroyablement bien pensé. Des idées originales, un humour délirant, des personnages qui le sont tout autant, de quoi passer une bonne heure et demie en compagnie de ma blonde.
Toujours fascinant de voir à quel point certains réalisateurs hollywoodiens parviennent à tirer de leur chapeau des lapins inattendus. Après plusieurs tentatives, la plume d'Haggis ne me déçoit toujours pas: bien au contraire. Il s'agit là d'un homme derrière sa plume qui a décidé de faire le saut directement derrière la caméra pour s'orienter vers une carrière de réalisateur. La majorité le savent: Crash m'avait bouleversé (et ne cesse de le faire encore) à un point tel que chaque écoute supplémentaire perce toujours davantage une brèche de sensibilité dans mon coeur d'ivoire.
C'est donc réticent, peu enthousiasmé par le synopsis de base, que je me lance dans In the Valley of Elah qui, tout compte fait, sans nécessairement se démarquer par son originalité, parvient à bâtir une intrigue viable qui accroche indubitablement le spectateur. Car c'est bien là la force majeure du film, l'intrigue, sinon Tommy Lee Jones qui brille de plein feux dans un beau rôle qui m'a plu malgré tout mais qui, dans un autre moment, aurait pu me taper considérablement sur les nerfs.
Dans toute l'histoire de mon bagage cinématographique, il y a toujours eu un seul archétype de personnage que je n'ai JAMAIS été capable de sentir à l'écran, tant il me semble qu'on tombe immédiatement dans l'extrémité des clichés: la femme policière/détective. Comprenez-moi bien, je suis loin d'être sexiste. C'est tout simplement que certains films, comme Mr.Brooks, ont réellement perdus une partie de leur essence suite à la présence d'une femme policière (Demi Moore dans ce cas-là) qui est venue diluer la qualité du scénario. Curieusement, dans In the Valley of Elah, Charlize Theron s'en tire plutôt bien dans la peau du détective Emily Sanders, à un point tel qu'il s'agit peut-être de la performance que j'ai eu le moins de difficulté à souffrir, mais ce serait péché que de ne pas avouer qu'à maintes reprises, son personnage m'a fait grincer des dents.
Ma seule déception demeure dans le fait que, le récit étant le ciment de l'intérêt du spectateur, j'aille finalement appris que rien, ou presque, n'était sorti de l'imagination de Haggis puisqu'il s'est simplement contenté de transposer à l'écran le récit d'une histoire vraie.
Pour moi, rien de plus impressionnant que ce qui s'extirpe des tréfonds de l'imagination humaine.
Sans savoir pourquoi, il me semble que, pour une des premières fois, je me trouve devant un blocage psychologique pour commenter Michael Clayton. Y a-t-il quelque chose à en dire? Probablement.
Mais je me suis tout simplement laissé mystifié par ce suspense, doté d'une très belle réalisation et de certains plans fabuleux, et qui plus est, par la qualité de l'intrigue menée par une main de maître en Georges Clooney qui, n'en tienne qu'à mon avis, livre l'une de ses plus solides performances en carrière, et il n'eût suffit que d'une année un tantinet plus faible en terme de qualités d'acteurs pour que Clooney ne l'emporte aux Oscars.
Définitivement un film à apprécier par les tournures psychologiques qu'il emprunte et par les frissons qui vous parcoure la nuque dans des scènes intensément palpables et vibrantes d'émotions
Le débat est lancé: est-il possible d'en mettre TROP dans la réalisation d'un long-métrage?
Anthony Hopkins, en 2007, profite de la renommée que s'est attribué son nom au cours des dernières décennies pour remettre en question le rapport entre le spectateur et le film. La relation à laquelle nous convie Hopkins est, cela va de soi, on ne peut plus incongrue. D'ailleurs, lui-même disait préférer que le public déteste son film, question de susciter une vive réaction chez l'auditoire. Parlez-en bien, parlez-en mal, mais parlez-en. Eh bien, pourquoi pas?
Si Hopkins se dit libre de toute influence cinématographique, il se doit de réviser sa notion de liberté puisque le concept de l'avant-garde est infiniment dépassé au 21e siècle, époque où tout semble avoir déjà été produit auparavant. Les rapprochements cinématographiques avec d'autres réalisateurs sont on ne peut plus évidents, et quand bien même Hopkins voudrait repousser le passé, on parvient clairement à voir l'influence, par exemple, d'un David Lynch sur SlipStream.
Beaucoup pourraient reprocher à SlipStream d'axer beaucoup trop sur la réalisation aux dépens de l'histoire. ''Quelle histoire?'' clameront d'autres. Par contre, il est indéniable que le film, en lui-même, n'est qu'un alliage fusionnel de montage, d'édition, d'effets visuels et d'extradiégétisation, si bien qu'il en devient carrément impossible (je vous l'assure) de détourner la tête un seul instant sinon on a déjà manqué plusieurs effets de réalisation.
Poésie visuelle ou pollution optique?
Ce qui m'a tout de même moins satisfait, ce sont les commentaires de Anthony Hopkins sur son propre film, qui lui-même, tout de suite après avoir affirmé vouloir choquer l'auditoire en le brusquant dans ses conventions, en vient à considérer son bébé comme une vraie ''blague cinématographique de créativité'', tout juste de quoi allouer une perte de crédibilité considérable à son premier long-métrage. En ce sens, lorsqu'on s'avise prêt de réaliser et de produire quelque chose à la SlipStream, le plus dur est à venir: savoir se taire.
Après tout, laisser planer le mystère est un art que tous ne maitrisent pas.
Très bon. Ça fait beaucoup de bien de se relaxer devant un film d'animation. Même si ''se relaxer'', ce n'est pas assez pour qualifier l'écoute d'un dessin-animé de Pixar. Le film n'est pas aussi drôle que ses prédécesseurs (c'est d'ailleurs ce qui risque de lui coûter le vote des enfants) mais l'histoire est vraiment magique, encore une fois, et on retombe vite en enfance devant les âneries de Remy et de Linguini.
Quand je vous parlais de redéfinir un genre, voilà en fait ce que je voulais dire. Même s'il me semble qu'on a voulu justement trop adapter le Western à la société actuelle (les scènes d'amour et de sexe à la Titanic (tabarn*k, il la dessine toute nue avec du fusain, j'étais vraiment désespéré), le bandit beaucoup trop affectueux, l'homme qui sort sans égratignures d'une fusillade contre 50 bandits, le banquier qui meurt satisfait d'avoir aidé), je dois avouer que Mangold a fait un excellent boulot, car il vient peut-être tout juste de raviver en un continent en entier la flamme des bon vieux Western.
Et puis, au tout départ, de grands doutes quant au potentiel de Crowe pour interpréter un tel hors-la-loi. Maintenant? Plus aucun doute. Crowe supplante sans aucun problème Bale et offre une performance si poignante qu'il fait de Ben Wade l'un des hors-la-loi cinématographiques les plus épatants, sinon LE plus épatant. Pourtant, Wade, à ce que je saches, n'est pas si connu que ça. C'est donc dire que Crowe a fait un travail d'enfer et vient tout juste de populariser une figure qui ne l'était pas auparavant.
Même si la fusillade finale m'a paru un tantinet trop longue et incroyablement trop irréaliste, l'effusion de sentiments à la fin donne au film la réelle peine d'être visionnée.
Voilà ce qui avait manqué dans le troisième volet de la série: un thriller psychologique. Car, enfin, sauf pour les cinq premières minutes du film sur lequel on met malheureusement l'emphase sur les images-choc, il s'agit réellement de 90 minutes de casse-neurones. Il m'a semblé que rien n'était évident, et chaque énigme supplémentaire m'intriguait davantage, et chaque point d'interrogation s'accumulait dans ma tête, et je dévorais chaque seconde sans aucun remords.
Tobin Bell met, pour la première fois des quatre volets, son talent d'acteur à l'épreuve, et c'est avec succès qu'il passe le test. En effet, nous voilà confronté en quelque sorte aux origines de Jigsaw, et l'histoire est si bien ficelée que j'en suis temporairement venu à éprouver de la sympathie pour ce cher John Kramer, qui est, à mon avis, à présent devenu le personnage le plus terrifiant de toute l'histoire du cinéma, dépassant par le fait même la réputation d'Hannibal ou de je-ne-sais-quel autre malade mental du même genre.
Et puis, le film ose, par le fait qu'il s'agisse là d'une des structures cinématographiques les plus originales de ma vie. À vrai dire, je ne veux pas gâcher de punch, mais Saw IV est indissociable de Saw III, il est vraiment crucial de les avoir vu les deux. Dommage que Saw III soit aussi mauvais... Enfin, à la fin du film, on a l'impression d'avoir tellement ressenti d'émotions, et en même temps, on s'aperçoit que rien... En tout cas.
Déçu, dans la mesure où je ne m'attendais pas à ce qu'un film quasiment réservé à un public-cible d'adolescentes soit nominé aux Oscars en lice pour le Meilleur film de l'année. Serait-ce sous le simple prétexte qu'il a défoncé le box-office auprès d'un auditoire majoritairement féminin et, de surcroît, mineur? Évidemment, non, puisque bien d'autres méga-succès ont défoncés le plafond économique du profit standard, et ils ne sont pas glorifiés pour autant.
Juno demeure toutefois bien cocasse par moments, et je ne peux certes pas dire que je me sois réellement ennuyé durant son écoute. À certains passages, les minutes s'écoulaient un peu plus lentement, mais il y avait toujours une scène tout de même intéressante qui suivait et qui permettait d'admirer l'incroyable brio d'Ellen Page dans le rôle de Juno, ce qui constitue à mon avis la principale force du film. Autrement, je me suis souvent demandé où est-ce le scénario voulait nous amener, et on s'aperçoit un peu finalement, à la fin, qu'on se contente de peu puisque très peu de choses ont eu un dénouement et ceux qui en ont eu un l'ont eu trop rapidement et sans explication valable. Ça demeure toutefois un film amusant à regarder, mais avec certains gags qui ne méritaient peut-être pas leur place.
Mais bon, je l'avoue. Je cultive un peu de rancoeur envers Juno, je l'accorde. Embarassed
Manipuler les frontières de la moralité avec tant d'aisance, c'est encore actuel comme phénomène? Laisser le choix au spectateur de fonder son propre jugement quant à la notion du bien et du mal, c'est encore possible aujourd'hui? Avec Gone Baby Gone, je suis forcé (et surpris) d'avouer que c'est encore possible.
Oui, Ben Affleck devrait peut-être se concentrer sur une carrière de réalisateur et délaisser le métier d'acteur, qu'il, soit dit en passant, ne maîtrise peut-être pas encore assez bien après près d'une quarantaine de films. Pas que la réalisation n'ait été réellement incroyable non, elle était tout juste bien. Mais c'est que Gone Baby Gone est la nouvelle favorite d'Affleck et que c'est lui-même qui a pris l'initiative de la porter au grand écran. Force est d'avouer que Ben Affleck a beaucoup de goût de ce côté-là et que je ne serais pas surpris si quelqu'un m'affirmait que le film transposait parfaitement (ou presque) l'essence du roman.
Je n'ai pas vu depuis longtemps un film qui suscitait autant de débat, je vous le jure. Le générique défile, et on commence déjà à débattre avec les autres spectateurs.
Si Zodiac dure près de trois heures, on ne les ressent pas. Du moins, pas pour ma part. C'est probablement le cas pour certains, mais l'histoire déboulait si rapidement qu'on n'avait pas le temps de s'ennuyer. Selon moi, ce film aurait pu faire l'objet d'une courte télésérie. Un punch à chaque 10 minutes durant 3 heures, ça nous garde assez éveillés.
Fincher est un maître dans l'art des suspenses et il nous le prouve encore une fois avec Zodiac. D'autant plus qu'on ne termine pas avec une belle petite finale pré-conçue d'avance dont tous et chacun auraient déjà traité des millions de fois...
Sincèrement, je crois qu'il s'agit là d'un très grand film, que jamais il ne vous sera plus possible de voir quelque chose qui s'en approche un tant soi peu. I'm Not There déforme l'esthétique d'un film d'une façon révolutionnaire, et on peut même franchement dire que les scènes sont souvent bien impressionnantes pour l'iris. De plus, les acteurs (a-t-on jamais vu Cate Blanchett aussi impressionnante?) excellent véritablement dans leur rôle.
Seul bémol nécessaire? Il faut s'intéresser incroyablement à la musique et plus particulièrement à Bob Dylan pour apprécier le film à sa juste valeur.
Pour moi, ce n'est pas le cas.
Car si ce l'était, ce film serait probablement dans mon top 20...
Lorsque j'y repense, c'est un 4 qu'aurait dû se mériter l'énigmatique Mr. Brooks, incarné par le si prolifique Kevin Costner, n'eût été de la performance risible de Demi Moore. Après mon visionnement du film, j'étais enchanté, enthousiasmé par cette histoire hors-du-commun avec des dialogues tout autant originaux, et je repensais avec enthousiasme au dénouement final, à ce premier volet d'une trilogie qui s'annonce d'emblée comme une des plus rafraichissantes depuis l'an 2000.
Malheureusement, trop d'importance est attachée à l'histoire de la femme détective qui sait tout et à qui rien n'échappe, et ça c'est franchement pathétique. Le fait qu'on ait donné ce rôle à Demi Moore est encore pire que tout le reste, car son jeu donne franchement des boutons et sa beauté est franchement discutable.
Mr. Brooks = Costner + Script.
Malgré que, ça aurait torché si, comme prévu, Zach Braff aurait obtenu le rôle de Mr. Smith.
Malgré les critiques quasi-impitoyables à son sujet, le tout dernier film de Coppola me semble réellement digne d'intérêt par la touche de mysticisme qu'il parvient à apporter dans cette histoire a priori inintéressante. Orchestrée par une main de maître en celle de Francis Ford Coppola, une réalisation superbe qui combine originalité et splendeur est à l'honneur dans ce récit philosophique dans lequel un homme tente tant bien que mal de comprendre la raison de son rajeunissement soudain. D'un esthétisme tantôt féérique, tantôt perturbant, les allégories se succèdent devant un Tim Roth carrément excellent dans le rôle de Dominic, de quoi en faire un film original, sensé sans être lourd, qui se laisse bien absorber.
Le documentaire le plus drôle de Michael Moore. Vraiment?
Le 3/4 du film est lourd, très lourd. À vrai dire, j'apprécie énormément Michael Moore, malgré le fait que, comme chaque être humain sur cette belle petite planète, il embellit parfois le propos tenu par quelques petits tours de passe-passe. Toutefois, l'ambiance était tendue durant près de 90 minutes de film, une ambiance qui créa un malaise en moi, une ambiance qui, pour la première fois de la vie, parvint à corrompre en moi ce désir de voyager aux États-Unis. Faut être fort, là.
Ce que je n'appréciais pas beaucoup, toutefois, c'était que Moore se définissait lui-même par un nouveau personnage, un personnage hypocrite qui ne me plaisait pas beaucoup. Voyageant tour à tour dans les différents pays, Moore arborait un rôle d'américaniste convaincu qui défendait son pays pour provoquer les réactions, alors finalement forcé d'admettre que son pays ne valait pas grand chose. Ce genre de personnage est, oserais-je, sacrément dévalorisant pour le propos qu'il tient. Les faits sont assez déjà dégradants, pas besoin de commencer à cracher sur les États-Unis en s'amusant à passer pour un capitaliste convaincu. Je sais, ça peut avoir l'air drôle, dit comme ça, mais croyez-moi, ça tape plus sur les nerfs qu'autre chose.
Toutefois, oui, toutefois! Les trente dernières minutes sont incroyablement concentrées. Des révélations chocs qui m'ont fait bondir de ma chaise, des segments qui m'ont fait mourir de rire (Mon Dieu, même s'il faut faire quelques recherches par la suite pour avoir le fin mot de l'histoire, ça vaut incroyablement la peine) et un documentaire qui m'a laissé sous le choc.
La propagande de Moore fonctionne de plus à sa façon.
Dommage que ça fasse déjà aussi longtemps déjà que j'aie écouté The Invisible, car il me semble que j'avais plusieurs bons points à discuter, mais le temps les a progressivement effacés dans ma mémoire. Essayons tout de même.
Jamais je ne regretterai le conseil de Mate qui, un jour, m'a dit: ''Vas-y Frank, tu devrais vraiment l'écouter.'' Et qui dit absence d'attente dit forcement surprise potentielle. The Invisible est un moment fort agréable à passer, un vrai film divertissant dans tous les sens du termes, en plus d'être incroyablement puissant sur le plan dramatique. Certaines scènes ont éveillés en moi leur lot de frissons au même titre que certaines répliques paraissaient incroyablement travaillée.
Une rare recette: un film fantastique de fantôme sans aucun effets spéciaux, ou presque. Si j'ai lu à quelques reprises qu'on reprochait cet aspect du film à Goyer, pour ma part, je le féliciterai d'avoir pu accoucher d'un tel film sans avoir eu recours à l'hypocrite supercherie informatique. De tels effets spéciaux sont efficacement remplacés par des techniques cinématographiques qui ont un effet aussi puissant et qui, par-dessus le marché, ont leur semblant d'originalité.
Par contre, il est évident que la fin est incroyablement tiré par les cheveux et qu'on finit par se vautrer dans la mélotragédie, ce qui devient franchement ridicule. À mon avis, il s'agit tout là du genre du film qui se méritait grandement un « happy ending » ou, tout au moins, une fin plus viable et plus crédible que cet espèce de dénouement risible qui tend à diluer la qualité du film.
Vraiment triste. Ça a l'air quétaine, je sais, mais c'est un très bon film. La force principale du film réside premièrement en Jesse Aarons, petit garçon un peu renfermé à lequel on s'attache si rapidement. Toutefois, le film est bourré de pleins de petits clichés qui tombent parfois très rapidement sur les nerfs. Toutefois, le dénouement, lui, est sacrément intense, si bien que j'ai laissé coulé quelques larmes et que j'y aies repensé toute la soirée. Est-ce vraiment un film pour enfants? Je ne sais pas. La morale est si puissante, si ardue, elle s'appuie si fortement sur le remords que je doutes que je laisserais mon enfant écouter pareil film...
Amusant n'est peut-être pas le terme exact. Wright et Pegg pimente le film avec un humour, qui se veut probablement brittish mais qui ne l'est pas du tout. Dès le départ, on commence avec une bonne dizaine de gags dignes de films hollywoodiens merdiques comme Epic Movie. Mais, comme la réalisation se veut sérieuse et distinguée, ces âneries se digèrent bien mieux, curieusement.
Le film réalise un exploit en soi-même, tandis qu'il parvient à ne pas déraper durant près de deux heures. On parle ici d'un script qui se veut opérer en un terrain sacrément glissant, soit celui de combiner la subtilité de l'humour brittish avec l'humour américain. Pegg tient bien son bout dans le film qu'il a lui-même écrit et le scénario nous tient en haleine de tout son long.
Vraiment, entertainant est le mot.
Seule chose (sic), c'est que les scènes de combats trop longues n'en valent vraiment pas la peine. Sinon, la réalisation est impeccable, voire même sacrément thrillante.
Ce n'est pas que j'ai détesté le film, loin de là. C'est juste que j'avais cru que Boyle serait en mesure de me fasciner en m'offrant sur un plateau d'argent un autre récit fascinant d'héros qui se laissent tranquillement gagner par la folie des grandeurs planétaires. Même au milieu du film, il ne se débrouillait pas si mal. La réalisation photographique était, par moment, à couper le souffle, Cillian Murphy y allait encore d'une performance touchante et on s'attachait rapidement aux personnages et au poignant dilemme auxquels ils faisaient face. D'ailleurs, à ce niveau, la solution que certains membres de l'équipage préconise est vraiment fascinante, ça n'a pas de bon sens, mais elle aurait pu emprunter une meilleure tournure.
Bref, c'est donc dire que j'ai été largement désappointé par la seconde moitié du film qui, littéralement, n'éprouve aucun remords à transformer le drame en horreur. La dernière demi-heure, c'est le cri, l'épouvante, la caméra instable, le sang qui gicle, les corps déformés, la haine qui gronde. Je dois avouer, dit comme ça, ça a l'air assez incroyable. Mais ce ne l'est pas. On ne comprend rien, ça nous donne mal à la tête...
Et les gentils gagnent un doigt dans le nez. Ah, nos héros.
Dans ce qui devait se révéler comme une nouvelle innovation en la matière de cinémathèque coréenne, Epitaph s'avère être un film lourd et surchargé d'informations, qui à lui seul aurait probablement pu laisser place à une trilogie. Ayant élu pour point de mire un vieil hôpital coréen des années 50, le scénario se veut un feuillage dense et corsé que le spectateur ne parvient pas complètement à percer, même à la toute fin du film. En fait, les frères Jeong, élèves du vénérable réalisateur Park Chan-Wook, maintiennent l'auditoire dans un suspense d'une permanence si impénétrable qu'on finit rapidement par se décourager tant les questions se multiplient sans même apercevoir l'ombre d'une réponse. En guise de dénouement, ces derniers tentent tant bien que mal de nous lancer sur quelques pistes de solution, mais c'est encore bien trop peu d'outillage pour parvenir à remettre en ordre ce charabia condensé de manière grotesque. L'esthétique du film est toutefois remarquable par son alliage entre le poétique et l'horreur, quoique bien similaire à quelques autres films coréens.
Définitivement, l'adage n'est pas toujours respecté à la lettre.
Sans aucun doute, il est très aisé de comprendre pourquoi est-ce que American Gangster a séduit le marché d'Amérique du Nord. Curieusement, alors que je croyais que le genre aurait très mal vieilli, American Gangster se compare en de nombreux points à The Godfather, film phare de bien des cinéphiles. Et pourtant, je les entendrons, ceux qui crieront au meurtre d'une comparaison entre les deux films.
Et pourtant, il me semble que c'est bien le cas. Les deux empoignent le gangstérisme par le bas, ce sont des films d'action sans action, des paroles bien plus que des balles. Étant très loin d'être un amateur du genre et n'ayant aucune scène d'action auquelle me rattacher en cas de longueur, mon écoute fut donc pénible à certains endroits, quoique agrémentée par la puissance de certains dialogues dans quelques scènes. Le jeu de Denzel Washington est encore très loin de m'impressionner et j'ai l'impression de revoir le même putain d'acting que dans ses derniers films.
Enfin, ma note est loin d'être une référence parce que type de film est très loin de m'intéresser. Pourquoi est-ce que je l'ai écouté? Mystère.
Legault-Lemay-Doucet. Trois acteurs qui, à première vue, m'apparaissaient trop faibles pour pouvoir surélever le niveau d'une oeuvre qui allait, je le savais d'avance, uniquement porter sur la génétique sexuelle masculine. Bref, le cul. Mais à ma grande surprise, le trio m'a incroyablement épaté, en particulier Lemay-Thivierge qui possède un immense potentiel, et j'en suis même venu à m'attacher à leur petite histoire. Si le premier film de Huard ne mérite pas tant d'éloges, il ne mérite pas non plus tant de critique. Un bon moment à passer. Surtout le dénouement qui m'a fait éclater de rire.
Du moins, pour moi, qui ne me souviens absolument pas du cinquième tome. Et pourtant, à mes côtés, une fanatique qui se chargeait bien de me rappeler tout ce qu'il manquait dans cette adaptation cinématographique. Le fait est que j'ai bien apprécié ce petit film de Yates qui, malgré tout, ne semble pas avoir réalisé grand chose dans sa carrière jusqu'à présent. Je ne nie toutefois pas que si Jeunet avait accepté de réaliser le cinquième volet, c'aurait pu devenir tout simplement magique. Et magique, dans le vrai sens du terme.
Toutefois, ne le nions pas, les effets spéciaux et les mouvements de caméra étaient vraiment extraordinaires. Le problème demeure du côté de l'ambiance établie, de la vitesse des évènements et, oui, je le crois fermement, des acteurs principaux. Daniel, Emma et Rupert ont grandi beaucoup trop vite, je ne vois plus d'étincelles dans leurs yeux. Le temps a tué la magie, et ce sont des signes de piasse que je vois dans leurs yeux. Par contre, Imelda Staunton est formidable dans son rôle.
David Yates pour le sixième? Pourquoi pas. Néanmoins, on l'a appris dans le passé; du changement ne fait pas de tort.
Et comme Guillaumo Del Toro avait une possibilité de diriger le sixième, c'est sûr que j'ai un petit pincement dans le coeur...